Assa Traoré « fière » d’être désignée « Guardian of the Year » du magazine américain « Time »

RECONNAISSANCE Le traditionnel numéro de fin d’année du magazine désigne les femmes et les hommes qui ont fait l’actualité en 2020

Manon Aublanc
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Assa Traoré, la soeur Adama Traoré, en tête de la marche marquant le quatrième anniversaire de la mort de son frère, samedi 18 juillet.
Assa Traoré, la soeur Adama Traoré, en tête de la marche marquant le quatrième anniversaire de la mort de son frère, samedi 18 juillet. — Rafael Yaghobzadeh/AP/SIPA

Le magazine américain Time a désigné ce vendredi  Assa Traoré, la sœur d’Adama, jeune homme noir de 24 ans mort en 2016 après son arrestation, « Guardian of the Year ». « Une consécration » pour la militante qui demande « à la France de prendre ses responsabilités » sur les questions de violences policières.

« C’est un honneur que me fait le Time, une consécration pour le combat que l’on mène depuis la mort de mon petit frère », a réagi celle qui a rassemblé début juin, avec le comité « La vérité pour Adama », des milliers de personnes à Paris et des centaines d’autres partout en France.

L’enquête toujours en cours

Dans le traditionnel numéro de fin d’année du célèbre magazine consacré aux femmes et hommes qui ont fait l’actualité en 2020, Assa Traoré, âgée de 35 ans, a été désignée « Guardian of the Year », aux côtés d’autres organisations et militants antiracistes. Adama Traoré est décédé le 19 juillet 2016 après son arrestation, au terme d’une course-poursuite avec les gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise).

Les proches de la victime affirment depuis quatre ans qu’il a été « tué » par les gendarmes. Mais l’enquête, toujours en cours, n’a pas permis d’établir avec certitude les causes de sa mort. Aux expertises judiciaires dédouanant les gendarmes ont répondu les rapports médicaux demandés par la famille les mettant en cause. A ce jour, les gendarmes n’ont pas été mis en examen.

« La France est très en retard sur les questions de violences policières »

« Quand on voit que la France a réduit notre combat à des insultes et des accusations, on a besoin qu’une consécration vienne de l’étranger », a ajouté cette figure de l’antiracisme, qui a également reçu en juin un BET awards, prix décerné par une chaîne de télévision américaine à des personnalités afro-américaines ou issues de minorités. Selon la militante, « la France est très en retard sur les questions de violences policières, il faut qu’elle prenne ses responsabilités car nous sommes désormais des milliers dans les rues pour les dénoncer ».

« C’est une lutte quotidienne pour enfin voir Assa Traoré dans la presse internationale ! Nous avons construit patiemment un mouvement antiraciste qui a bousculé tout l’échiquier politique et médiatique », s’est réjoui sur Twitter Youcef Brakni, militant et pilier du comité Adama. « France, le monde vous regarde », a également tweeté la journaliste et militante Rokhaya Diallo. Le magazine a également désigné le président-élu américain Joe Biden et la vice-présidente élue Kamala Harris « Personnalités de l’année ».