Strasbourg : Mécontente des propos d’Emmanuel Macron sur les violences, la police dresse des barrages en ville

POLICE Une cinquantaine d’agents ont contrôlé à tout va les automobilistes dans les Strasbourg

G.V. avec AFP

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 Illustration police. Strasbourg le 24 juin 2015.
Illustration police. Strasbourg le 24 juin 2015. — G. Varela / 20 Minutes

Grosse opération de police jeudi soir à Strasbourg, mais cette fois pour une autre raison que la lutte de stupéfiants. Une cinquantaine d’agents ont mis en place un barrage filtrant dans le centre-ville pour « sensibiliser » la population sur leur situation et exprimer leur « mécontentement » après les déclarations du président Emmanuel Macron début décembre sur le média en ligne Brut. « Notre police n’est ni raciste ni violente, elle est républicaine », a déclaré Sylvain André, délégué départemental d’Alternative Police CFDT.

Pour rappel, vendredi dernier, le président Emmanuel Macron avait jugé « insoutenable » que les contrôles policiers ciblent davantage les jeunes dont la peau « n’est pas blanche ». Le chef de l’Etat a également admis qu’il existait « des violences par des policiers », expression qu’il a dit préférer à celle de « violences policières », rappelle le syndicaliste. « On se sent stigmatisés. Ces propos laissent entendre que nous faisons des contrôles au faciès », a déploré Christophe Rouyer, secrétaire départemental du syndicat Alliance. « Les lieux où nous faisons davantage de contrôle, c’est là où des trafics existent. Le nier, c’est le cautionner ».

« On tient la République à bout de bras »

Le principal barrage filtrant a été dressé vers 22h30 devant l’hôtel de police par une cinquantaine d’agents, en tenue ou en civil avec un brassard. Les policiers ont procédé à des contrôles d’automobilistes et faire part de leurs revendications. « Nous sommes là pour protéger la tranquillité des gens. On attend plus de considération de notre hiérarchie comme des plus hauts dirigeants du pays », a déclaré Emmanuel Georg, délégué Unité SGP Police. « Ils le savent, on tient la République à bout de bras tous les samedis », a-t-il ajouté en référence à la succession de manifestations depuis l’émergence du mouvement des gilets jaunes.

Un cortège d’une dizaine de véhicules de police s’est ensuite rendu jusqu’à la Préfecture du Bas-Rhin pour manifester son mécontentement. « Il y a une forme d’abandon », a estimé David Kozlowski, délégué départemental d’Unsa Police. « Se faire traiter ainsi, ce n’est pas normal : un temps on nous présente comme des héros, puis on nous traîne dans le caniveau, on le vit mal ».

L’ensemble des organisations syndicales présentes ont réclamé un « renforcement de moyens pour la police secours », pointant une incapacité à répondre « à tous les appels au 17 qui nécessitent une intervention ». Les agents déplorent également le manque le manque une cinquantaine d’effectifs à la Direction départementale de la sécurité publique du Bas-Rhin. « C’est impossible de gérer l’ensemble des missions », a déclaré Christophe Rouyer qui n’a pas manqué de rappeler aussi un « besoin de formation ».