Robert Ménard, devant la crèche qu'il avait installée en 2018
Robert Ménard, devant la crèche qu'il avait installée en 2018 — Alain ROBERT/SIPA

LAICITE

Noël à Béziers : La crèche de Robert Ménard provoque l’indignation d’associations et d’élus de gauche

Des associations, syndicats et élus de gauche estiment que l’installation de la crèche est « illégale » et ne respectent pas la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat

Depuis le 4 décembre, une crèche de Noël a été à nouveau installée par Robert Ménard (divers droite), le maire de Béziers (Hérault). Elle est située dans la cour d’honneur, juste avant le hall d’entrée de la mairie. « En plus de la traditionnelle scène de la Nativité, on y trouvera un peu l’atmosphère de la garrigue des hauts cantons », lit-on dans un article intitulé « Ainsi soit-elle », dans le dernier numéro du Journal du Biterrois, le magazine institutionnel de l’agglomération et de la mairie.

Dans un communiqué commun, des associations (notamment la Libre pensée et SOS Racisme), des syndicats, des élus et des partis politiques de gauche (notamment le PS, le PC et LFI) s’insurgent contre cette crèche, au nom de la laïcité.

Ils demandent que le préfet agisse

« L’installation d’une crèche de la Nativité dans l’hôtel de ville de Béziers est une violation […] à la loi de 1905 [concernant la séparation de l'Eglise et de l'Etat], écrivent-ils. Robert Ménard, en remettant à nouveau une crèche de la Nativité, revendiquée publiquement comme symbole du christianisme, au sein de la mairie, sait parfaitement qu’il commet un acte illégal. […] Les provocations du maire de Béziers nuisent à la liberté de conscience et à la concorde. Elles dressent les citoyens les uns contre les autres. » Associations, élus, partis politiques et syndicats demandent que le préfet « agisse pour faire respecter la loi ».

Depuis plusieurs années, Robert Ménard s’oppose à la préfecture de l’Hérault, dans le cadre de l’installation de la crèche de Noël. En 2017, la justice l’avait enjoint à la retirer. L’élu l’avait déplacé… un peu plus loin, dans un hôtel communal. En 2018, rebelote : la justice lui avait une fois encore ordonné d’enlever sa crèche.