Coronavirus à Strasbourg : Se regrouper pour boire du vin chaud dans la rue, une bonne idée ?

SOCIETE La vente de vin chaud ou thé de Noël à emporter crée ces derniers débuts de soirée des attroupements dans les rues de Strasbourg. Les autorités du Bade-Wurtemberg qui connaît le même problème devraient mettre des mesures en place pour y remédier

Gilles Varela

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Dans les rues de Strasbourg le 9 décembre 2020.
Dans les rues de Strasbourg le 9 décembre 2020. — G. Varela / 20 Minutes
  • Des commerçants font de la vente de vin chaud à emporter.
  • Problème, cela crée des attroupements, de plus en plus nombreux ces derniers jours et ne permet pas vraiment de respecter les gestes barrière.

Trop froid, trop de restrictions, trop de tout peut-être. Alors un petit verre de vin chaud, en fin de soirée dans les rues de Strasbourg en tapant la causette avec des amis, après le travail ou en fin de week-end, c’est tentant, et pas interdit. Presque une tradition dans la Capitale de Noël, une sorte de blanc-seing divin pour faire comme si de rien n’était.

Problème, avec l’interdiction des chalets du marché de Noël, la fermeture des bars et restaurants pour cause de pandémie de coronavirus, il n’est pas évident de trouver l’inestimable breuvage. Enfin presque. Ces derniers jours, certains commerçants se sont lancés dans la vente à emporter de vin chaud, de thé de Noël. Bilan, des files d’attente mais surtout beaucoup de consommateurs, masques baissés, sans vraiment pouvoir respecter les gestes barrières qui s’attroupent pour déguster leur boisson sur le seuil des commerces.

Comme aux plus grands jours du marché de Noël. Certains commerçants ont même sorti des tables, hautes ou pas. Un peu de liberté retrouvée que beaucoup apprécient à la nuit tombée mais qui ne doit pas satisfaire des autorités cherchant à tout prix à éviter des rassemblements. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui avait motivé la décision de ne pas ouvrir les chalets du marché de Noël.

D’autant que ces derniers jours, le taux d’incidence dans l’Eurométropole stagne autour des 133 cas pour 100.000 habitants selon les données de l’ARS Grand-Est (107 en France), et que les hospitalisations ne faiblissent pas vraiment.  Selon Santé publique France, il y a eu 24 nouvelles hospitalisations rien que pour le Bas-Rhin ces dernières 24 h.

« Un trou dans la raquette »

« Ça ne craint rien, on est dehors, assure une jeune femme qui rit à plein poumons masque baissé. » Mêmes certitudes chez leur voisin d’un soir qui ajoute : « Faut juste pas être serrés les uns aux autres », lance le jeune homme collé à un parfait inconnu, sans masque également. « On a le droit, c’est un trou dans la raquette », sourit un autre. Pas mieux du côté de certains commerçants. Un brin embarrassé, l’un d’eux qui a rouvert ses portes pour l’occasion, explique que « ce ne sont que quelques tables bien séparées » et que de toute façon « il ne peut pas empêcher les clients de consommer devant chez lui. »

Et ce n’est pas mieux de l’autre côté de la frontière, en Allemagne, qui déplorait la même situation dès le week-end dernier. La ministre de la santé allemande comme le ministre-président du Bade-Wurtemberg ont dès mardi déclaré dans les médias allemands que les mesures allaient être renforcées avec notamment l’interdiction de la vente à emporter d’alcool en plein air, nous indique le Centre européen des consommateurs France (CCEF).

Même si ces mesures sont attendues pour cette semaine, certains médias allemands parlent cependant du 3e dimanche de l’avent… « D’autres Länder vont également prendre les mêmes mesures », ajoute le CCEF. Côté Bas-Rhinois, la préfecture du Bas-Rhin Josiane Chevalier, que nous avons contacté à ce sujet, n’a pour l’heure pas encore répondu à nos questions.