Confinement en Mayenne : « Insupportable de les voir manger dehors », des ouvriers accueillis le midi par des entreprises

SOLIDARITE En Mayenne, des entreprises se sont portées volontaires pour mettre à disposition un local à des ouvriers jusqu’ici contraints de prendre leurs repas dehors

Julie Urbach

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Des ouvriers déjeunent dehors (illustration)
Des ouvriers déjeunent dehors (illustration) — TIMOTHY A. CLARY / AFP
  • Une opération de solidarité prend de l'ampleur en Mayenne alors que la météo complique les conditions de travail de certains ouvriers.
  • Une vingtaine d'entreprises proposent de leur ouvrir leurs portes afin qu'ils trouvent un endroit où déjeuner au chaud.

Ils peuvent de nouveau se poser au chaud, déjeuner à table, et prendre le temps d’avaler un café, avant de repartir sur leur chantier. En Mayenne, certains ouvriers ont vu leurs conditions de travail radicalement changer depuis quelques jours. Alors que la fermeture des restaurants liée au confinement obligeait ces charpentiers, maçons ou couvreurs à prendre leur repas dehors, ou au mieux dans leurs camions, une opération de solidarité pourrait venir changer la donne.

En quelques jours, une vingtaine d’entreprises du département ont répondu à l'appel du Medef et de la Fédération du bâtiment. « Elles ont accepté de mettre à disposition un local pour les accueillir, se réjouit Jean-Christophe Juhel, secrétaire général de la FFB Mayenne. Nous avons déjà recensé une centaine de places disponibles, les premiers repas ont été pris hier. Comme quoi, la solidarité mayennaise n’est pas un vain mot ! » Les entreprises volontaires sont répertoriées sur une carte, afin que la prise de contact se fasse facilement. Une autre, mise en place pendant le premier confinement, recense les restaurants qui pratiquent la vente à emporter.

Une question de « dignité »

Olivier Anet, le dirigeant de la société Step Concept à l’ouest de Laval, a immédiatement accepté de prêter son espace cantine, occupé par ses 17 salariés seulement jusqu’à 13h. Après cet horaire, il a accueilli, mardi, deux ouvriers qui travaillent sur un chantier à proximité. « C’est un espace chauffé, avec micro-ondes et machine à café, détaille le chef d’entreprise. Ça ne nous coûte rien mais ça peut vraiment rendre service. Quand on les voit manger dehors ou sur un parking, avec la météo, c’est insupportable. C’est dramatique que rien n’ait été mis en place jusqu’ici. »

L’initiative, qui sera étoffée et prolongée jusqu’à la réouverture des restaurants (pas avant le 20 janvier), donne déjà des idées dans d’autres départements. « Elle devrait être reprise ailleurs, avance Jean-Christophe Juhel. C’est vraiment très important pour nos collaborateurs, qui ont besoin de manger mais aussi de se requinquer grâce à une vraie pause et des contacts humains. Encore plus dans les conditions climatiques que l’on connaît, c’est une question de dignité. »