Toulouse : Cent ingénieurs en renfort pour booster l'Hyperloop, le transport du futur à grande vitesse

ECONOMIE Alors que ses concurrents commencent les phases de test, la société Hyperloop TT, dont le centre R&D est basé à Toulouse, vient de signer un partenariat avec Altran et la société Hitachi Rail, spécialiste de solutions ferroviaires

Béatrice Colin

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Sur la piste de Francazal, au sud de Toulouse, où est installée la piste d'essai d'Hyperloop TT.
Sur la piste de Francazal, au sud de Toulouse, où est installée la piste d'essai d'Hyperloop TT. — Hyperloop TT
  • Plusieurs sociétés sont en concurrence pour développer le transport du futur Hyperloop.
  • A Toulouse, après avoir créé une piste d’essais, la société Hyperloop TT n’a toujours pas procédé au test des capsules au sein de son centre R&D de Francazal, alors que ses concurrents viennent d’en faire la démonstration.
  • Pour booster son développement, Hyperlopp TT vient de s’allier à un spécialiste du ferroviaire, Hitachi Rail, et à Altran, touché de plein fouet par la crise aéronautique.

Les premiers essais auraient dû débuter cette année, sur la piste de Francazal, au sud de Toulouse. Mais pour l’heure, la possibilité de voir se déplacer les capsules d'Hyperloop TT dans des tubes pressurisés dans les jours à venir semble compromise. A défaut de voir ce futur mode de déplacement mis au banc d’essai, le centre toulousain de recherche et développement de la société américaine a annoncé qu’elle allait booster ses partenariats pour y parvenir.

Hyperloop Transportation Technologies a ainsi annoncé qu’elle venait de s’allier à Hitachi Rail. La société de solutions ferroviaires va mettre à disposition sa technologie de gestion du trafic ferroviaire afin de gérer et automatiser les capsules qui voyageront jusqu’à des vitesses de 1.200 km/h.

Parallèlement, la société d’ingénierie Altran, membre du groupe Capgemini, touchée de plein fouet par la crise du secteur aéronautique, va mettre 100 de ses ingénieurs à disposition d’HTT « afin de renforcer les compétences techniques de son site de l’Aerospace Valley à Toulouse et d’accélérer le développement des systèmes hyperloop pour les passagers commerciaux », indique un communiqué commun.

Ces deux partenariats sont un gage pour HTT, qui en a besoin à l’heure où ses concurrents avancent chacun leurs pions. Il y a un mois, l’entreprise Virgin Hyperloop a en effet réalisé son premier test avec des passagers à son bord. Certes à une vitesse de 160 km/h, loin des 1.200 km/h promis, mais avec le gage que la technologie fonctionnait bien.

Des partenariats, gages face à la concurrence ?

D’où la nécessité d’avancer pour son concurrent HTT. « Nous accueillons Hitachi Rail au sein des partenaires industriels de premier plan d’HyperloopTT, qui sont de plus en plus nombreux. Avoir Hitachi comme fournisseur de technologie améliorera le profil de sécurité de notre système tout en démontrant au monde entier que les entreprises de transport sont prêtes à contribuer à notre projet », explique Andres De Leon, le directeur général d’HyperloopTT.

Pour l’heure, aucune date de test n’a été avancée. Mais les futurs développements auront bien lieu à Toulouse, un centre névralgique de l’ingénierie française grâce à la présence historique de l’aérospatiale. Alors que l’avion n’a plus le vent en poupe, ce nouveau mode de déplacement terrestre semble ouvrir des perspectives intéressantes de reconversion selon le vice-président exécutif d’Altran. « HyperloopTT ouvre la voie en matière d’infrastructures à haut débit, à la fois rentables et durables », a ainsi indiqué William Rozé.

Trois ans après la signature d’un accord avec la ville de Toulouse, HyperloopTT doit désormais faire la preuve de son concept.