Menton : Ses menus de réveillon expédiés partout en France… Comment le « meilleur restaurant du monde » s’adapte à la crise

COVID-19 Installé sur la Côte d'Azur, le chef 3 étoiles Mauro Colagreco va préparer des colis clés en main à 240 euros (tout de même) par personne

Fabien Binacchi

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Mauro Colagreco (ici dans ses cuisines en avril 2019)
Mauro Colagreco (ici dans ses cuisines en avril 2019) — V. Hache / AFP

Après le faste de 2019, une troisième étoile et le titre de « meilleur restaurant au monde », 2020 aura eu un goût beaucoup plus amer pour Mauro Colagreco. La crise sanitaire (et économique) qui n’a pas épargné la haute gastronomie a aussi fragilisé son « Mirazur » à Menton. Les réservations, pleines sur plusieurs mois, ont été annulées. Et le chef a dû mettre une grosse partie de ses 65 employés au chômage partiel.

« Les deux confinements sont un coup dur, également psychologique pour les équipes, mais on a essayé de se bouger pour maintenir le contact avec nos clients », confie-t-il à 20 Minutes.

Il sera aussi dans un resto éphémère en Suisse

Alors qu’il s’apprête à proposer sa cuisine dans un restaurant éphémère de Saint-Moritz, en Suisse (où les restrictions sont différentes), Mauro Colagreco travaille surtout sur ses menus de réveillon… en livraison !

« On a cherché des solutions pour se renouveler. Et on a trouvé cette possibilité, en exportant toute l’expérience du Mirazur partout en France. Nous avons préparé un livret avec toutes les explications de montage mais aussi des informations sur nos fournisseurs », explique-t-il.

« Juste une cuisson pour le poisson »

Raviolis de chapon et homard bleu à la truffe noire, pigeonneau… Cinq plats, plus le pain et du panettone de sa boulangerie mentonnaise seront expédiés clés en main « avec juste une cuisson pour le poisson », précise le chef originaire d’Argentine.

Il faudra compter 240 euros par personne pour ce repas. Mardi, 150 des 300 menus que le chef et trois de ses collaborateurs commenceront à préparer une semaine avant Noël étaient déjà réservés. Une façon, aussi pour lui, de ne pas perdre la main en attendant de rouvrir le Mirazur… et sa « Casa Fuego ».

Cette autre table voisine, spécialisée dans les grillades de viandes maturées, qu’il a ouvert en octobre avant de devoir la refermer illico… pour cause de reconfinement.