Crash d’un hélicoptère en Savoie : Que sait-on au lendemain de l’accident qui a coûté la vie à cinq personnes ?

ACCIDENT Mardi soir, cinq personnes ont été tuées dans le crash d’un hélicoptère des secours en montagne, près d’Albertville en Savoie. Un survivant, pilote instructeur, a été hospitalisé dans un état grave

E.F avec T.C

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Illustration d'un hélicotère de secours en montagne dans les Alpes.
Illustration d'un hélicotère de secours en montagne dans les Alpes. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES
  • Mardi soir, cinq personnes ont perdu la vie dans le crash d’un hélicoptère de la compagnie privée du Secours aérien français (SAF), près d’Albertville en Savoie.
  • Miraculé,  un pilote instructeur a donné l’alerte ce 8 décembre vers 19h10, entraînant une opération des secours délicate pour atteindre la zone enneigée.
  • Les causes de ce crash qui a tué trois employés du SAF et deux hommes de la CRS Alpes, sont inconnues pour l’heure.

Depuis mardi soir, les hommages aux victimes se multiplient. Ce jeudi, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin doit se rendre à Bonvillard, à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest d’Albertville (Savoie), où cinq personnes ont péri dans le crash d'un hélicoptère de secours en montagne. Au lendemain de ce drame, auquel un seul homme a survécu, 20 Minutes vous explique ce que l’on sait de ces événements.

Une opération de sauvetage périlleuse

Vers 19 h ce 8 décembre, un hélicoptère de secours en montagne, un Airbus EC135 du Service aérien français (SAF), s’est écrasé à 1.800 m d’altitude avec à son bord quatre employés de la compagnie privée et deux secouristes de la CRS Alpes sur la commune de Bonvillard. « Le bilan est lourd », a indiqué devant la presse à Albertville le préfet de Savoie Pascal Bolot, déplorant un « accident dramatique » dans lequel seul un homme, pilote instructeur, grièvement touché, a survécu. On ignore pour l’heure s’il était aux commandes de l’appareil lors de l’accident. C’est cet ancien officier des forces aériennes de gendarmerie, qui avait pris récemment sa retraite pour intégrer le SAF, selon des informations de la gendarmerie, qui a donné l’alerte mardi soir. Il a déclenché les secours grâce à un appel d’urgence après avoir réussi à s’extraire de l’habitacle de l’hélicoptère, ajoute cette même source.

Dès lors, cinquante gendarmes ont été engagés pour retrouver l’appareil et sauver le pilote. « L’ensemble de la chaîne de secours s’est mis en branle. A la fois des moyens héliportés de notre département et des départements voisins avec trois hélicoptères au total », a déclaré le préfet de Savoie. La gendarmerie a précisé mardi soir que l’accident était survenu sur une façade boisée du massif du Grand Arc à un moment où les conditions météorologiques étaient difficiles. La zone de l’accident est très enneigée. Pour arriver sur les lieux, une quinzaine de personnes ont formé une caravane terrestre pour évacuer le pilote grièvement blessé, tard mardi soir, en franchissant à pied 700 mètres de dénivelés.

Qui sont les victimes ?

Ce crash a fait cinq victimes : Deux hommes de la CRS Alpes, un capitaine de 45 ans et un brigadier de 39 ans, et trois employés du Service aérien Français, un instructeur pilote, un treuilliste et un instructeur treuilliste. Mardi soir, le premier ministre Jean Castex et le président de la République ont rendu hommage aux victimes. « Pour sauver des vies, ils prennent tous les risques. Ce soir en Savoie, 3 membres du Secours aérien français et 2 CRS Alpes ont succombé à un crash d’hélicoptère. Une personne, blessée, se bat pour vivre. Soutien de la Nation aux familles, amis et collègues de ces héros français », a notamment souligné Emmanuel Macron.

Le pilote très affaibli doit être opéré

L’homme qui a miraculeusement survécu au crash est un ancien moniteur pilote au groupement instruction de Cazaux, le centre de formation des pilotes de la gendarmerie et des armées. Il est actuellement hospitalisé à Grenoble en attente d’être opéré de multiples fractures aux membres inférieurs et au bassin notamment, précise la gendarmerie à 20 Minutes ce mercredi.

Un crash encore inexpliqué

Le préfet de Savoie, qui n’a pas avancé d’hypothèse sur les raisons de l’accident, a indiqué mardi soir qu’une enquête avait immédiatement été ouverte par la procureure d’Albertville Anne Gaches. Dans un tweet rendant hommage aux membres de la CRS Alpes décédés, la police nationale a précisé qu’ils avaient péri lors d’une mission d’entraînement de secours en montagne. Selon Le Dauphiné, il s’agissait d’un exercice d’entraînement et de formation du SAF au vol de nuit. Ce mercredi, des enquêteurs des sections de recherche du transport aérien, de Chambéry, du groupement de gendarmerie de la Savoie et de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie doivent se rendre sur le lieu du crash. Mais pour l’heure, les mauvaises conditions météo empêchent d’accéder à la zone.

Le SAF déjà endeuillé par le passé

Le Service aérien français, qui compte 300 employés, est une entreprise privée créée en 1979. Elle possède une quarantaine d’hélicoptères et intervient dans toutes les Alpes, à Paris et dans le Sud-Ouest. Elle effectue des évacuations sanitaires et du secours sur piste dans les stations de ski, du transport de matériel et de marchandises en montagne, et des activités de tourisme. En décembre 1999, cinq personnels du SAF avaient péri dans un accident d’hélicoptère. L’appareil avait décollé du plateau de Bure dans les Hautes-Alpes, avec quatre passagers à bord. En raison de mauvaises conditions météorologiques, le pilote n’avait pas vu les câbles du téléphérique et s’était encastré dedans, rappelle Le Dauphiné.