Montpellier : La mairie s'oppose à la vente d'une mosquée à une structure proche du Maroc

RELIGION Michaël Delafosse (PS) annonce qu'il préempte ce lieu

N.B.

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Dans une mosquée (illustration)
Dans une mosquée (illustration) — ALLILI/SIPA

Le maire de Montpellier (Hérault), Michaël Delafosse (PS), a fait savoir dimanche, dans un communiqué, qu’il s’opposait fermement au projet de vente de la mosquée Averroès au  Maroc. Il s’agit de la plus grande mosquée de Montpellier.

Les responsables du lieu de culte auraient en effet envisagé de la céder, pour un euro symbolique, à une structure proche du royaume du Maroc, indique Midi Libre : l’Union des mosquées de France (UMF). C’est au détour d’une démarche administrative que les services de la ville ont découvert cette vente, dont ils ne savaient rien jusqu’alors.

Vendue à une association en 2016

Michaël Delafosse indique qu’il « refuse cette tentative de prise de contrôle par un pays étranger » et annonce sa décision « de préempter ce lieu », « pour garantir l’indépendance de ce lieu de culte ». En 2016, le bâtiment avait été vendu par la ville de Montpellier, alors dirigée par Philippe Saurel (divers gauche), à une association cultuelle, pour 1,2 million d’euros, grâce à « la mobilisation des fidèles », indique la commune.

Le responsable de la mosquée Averroès, qui n’a pas répondu aux sollicitations de 20 Minutes ce lundi, a indiqué à Midi Libre avoir besoin de fonds. « Il y a trop de charges, confie-t-il. Les frais de fonctionnement, c’est 5.000 euros par mois, sans compter le salaire de l’imam. Depuis mars, et la crise sanitaire, les fidèles sont moins présents, il y a moins de rentrées d’argent. » L’UMF aurait pu, a expliqué le responsable au quotidien régional, porter le « projet d’agrandissement et de création d’un centre culturel » et la rénovation des salles de cours « qui ne sont plus aux normes ».

L’UMF n’a pas répondu non plus, ce lundi, à nos sollicitations. Selon Mohamed Moussaoui, son président, interrogé par France 3, cette vente n’est pas à l’ordre du jour. « Il est question de laisser l’association s’occuper de la gestion totale des locaux et des activités qui s’y déroulent, tout en étant propriétaire et responsable des murs avec un engagement sur des travaux très coûteux et un budget de fonctionnement conséquent, note-t-il. Aucun pays n’accepterait avec empressement ce type de situation. »