Coronavirus à Lyon : La crise n'a pas plombé le marché de l'immobilier ni dopé les ventes de maisons à la campagne

TRANSACTIONS L’exode rural, annoncé à la fin du premier confinement, n’a pas eu lieu dans la métropole de Lyon, où les prix de l’immobilier continuent de grimper

Caroline Girardon

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Les prix continuent de grimper dans la métropole de Lyon malgré la crise liée au coronavirus.
Les prix continuent de grimper dans la métropole de Lyon malgré la crise liée au coronavirus. — M. Allili / Sipa
  • Malgré la crise liée au coronavirus, le marché de l’immobilier se porte bien dans la métropole de Lyon, où les prix ont augmenté de 5,4 % en un an.
  • Malgré l’engouement pour les maisons à la campagne, à la sortie du premier confinement, les ventes n’ont pas décollé.
  • Les professionnels restent prudents pour l’année 2021 même s’ils ne prédisent pas d’effondrement du marché.
     

« Malgré la crise liée au coronavirus, le marché de l’immobilier reste très dynamique ». Et la métropole de Lyon ne fait pas exception. « Au niveau national, on atteindra à la fin de l’année, le million de ventes. Ce n’est pas aussi bien que l’année précédente mais on se retrouve au même niveau que 2018 », explique en préambule Nicolas Bouscasse, président de la fédération nationale de l’immobilier du Rhône (FNAIM).

Dans le département, on observe la même tendance. Près de 26.000 logements anciens s’étaient vendus fin septembre. Des chiffres comparables à l’année 2017 et même supérieurs à 2014, 2015 et 2016. « La pierre reste une valeur à laquelle les Français attachent une grande importance », observe Nicolas Bouscasse. La dynamique, enregistrée dans la métropole de Lyon, continue de faire grimper les prix : +5,4 % en un an. Les surfaces dans l’ancien se vendent désormais 4.300 euros le mètre carré. Ce qui fait de Lyon, la troisième ville la plus chère de France après Paris et Bordeaux.

Des prévisions difficiles pour 2021

« 15.000 nouveaux habitants viennent s’installer dans la métropole chaque année. Il faut bien les loger. Ce qui explique cette hausse des prix », argumente le président de la FNAIM. Quant à l’exode rural annoncé à la sortie du premier confinement, il n’a pas eu lieu.

« Il est vrai que les gens en avaient ras le bol. Il y a eu un engouement pour les maisons situées à la campagne près de Lyon. Il y a eu beaucoup de visites, reconnaît Nicolas Bouscasse. Mais dans les faits, cela s’est très peu traduit en termes de ventes. En revanche, les logements, situés en ville, dans des résidences possédant des espaces verts, des balcons ou des terrasses se sont bien mieux écoulés ». Pour des raisons simples, selon le gestionnaire de biens : « Acquérir une maison à la campagne, c’est déjà avoir les moyens. Et c’est accepter de mettre parfois beaucoup de temps pour aller travailler ».

Difficile en revanche de prévoir l’évolution du marché pour 2021. « Il y a plein de facteurs que nous ne maîtrisons pas : le nombre de chômeurs à venir, le nombre d’entreprises qui pourraient faire faillite, les mesures fiscales qui pourraient être prises dans les mois à venir. S’il y a des dépôts de bilan en pagaille, le dynamisme économique de la métropole va se replier, prédit Nicolas Bouscasse. Et cela aurait des conséquences sur le marché de l’immobilier ». Mais le président de la FNAIM veut croire à un scénario optimiste. « Je pense que le marché restera stable. Il y aura certainement une baisse de volumes de ventes mais le marché ne s’effondrera pas… Sauf s’il y a un troisième confinement », conclut-il.