Loi « sécurité globale » : La préfecture de l’Hérault interdit les manifestations samedi dans le centre-ville

DECISION Un rassemblement contre la loi « sécurité globale » était notamment prévu

N.B.

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Des clients, devant un magasin de chaussures, à Montpellier (illustration)
Des clients, devant un magasin de chaussures, à Montpellier (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse

La préfecture de l’Hérault a interdit ce vendredi toute manifestation, samedi, dans le centre-ville de Montpellier, de 14 heures à 18 heures, notamment sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, et la place de la Comédie. Une nouvelle mobilisation contre la loi sécurité globale était notamment prévue, dans le centre-ville de la capitale de l'Hérault.

Pour motiver sa décision, la préfecture évoque dans l'arrêté (accessible ici) le contexte sanitaire, mais aussi celui de la préservation des commerces, les créneaux choisis pouvant « fortement perturber les commerçants en centre-ville ». « La seconde période de confinement a entraîné une perte considérable de chiffres d’affaires pour les entreprises françaises, (...) la reprise des commerces du centre-ville de Montpellier est une priorité qu’il convient de sécuriser », peut-on lire dans l'arrêté.

Un appel à ne pas manifester de la CCI

Cette décision intervient alors que jeudi, André Deljarry, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de l’Hérault, avait interpellé le préfet, pour l’exhorter d’interdire l’accès au centre-ville aux manifestants, pour ne pas pénaliser les commerçants. La veille, le président de la chambre consulaire avait appelé à ne pas manifester dans l’Ecusson, « à l’heure où les commerçants viennent à peine de rouvrir leurs portes ». « Il en va de la survie de nos commerces », avait grondé André Deljarry.

« Ces décisions sont inadmissibles et lourdes de sens dans le cadre du mouvement social contre la loi de Sécurité globale, réagit la Fédération syndicale unitaire (FSU) de l’Hérault. Le préfet apporte ainsi la confirmation que l’Etat de droit est bafoué. […] Les associations et organisations syndicales s’inscrivent dans un cadre légal qui doit permettre au mouvement social de s’exprimer dans la sérénité. Le préfet portera toute la responsabilité en cas de manifestation dont l’issue pourrait être incontrôlée. »