Drogues : L'ONU reconnait pour la première fois les vertus thérapeutiques du cannabis

VERTUES Si ce vote sur le cannabis est inédit, il va néanmoins moins loin que les recommandations de l’OMS

R. G.-V.

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Une boite de cannabis tel que vendue que Québec. (illustration)
Une boite de cannabis tel que vendue que Québec. (illustration) — Mathieu Pattier/SIPA

C’est une petite révolution : l’ONU a changé la classification du cannabis dans sa nomenclature des drogues. Le Monde explique que la Commission stupéfiants des Nations Unies a pour la première fois, le 2 décembre, reconnu les vertus médicinales du cannabis. Jusque-là, la plante et sa résine étaient dans « l’annexe IV » de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, très restrictive, aux côtés de substances à faible valeur ajoutée médicale et rendant très dépendant. Le cannabis est désormais dans « l’annexe I » de cette même convention : toujours très propice à la dépendance mais avec un potentiel thérapeutique.

Le vote pour ce changement de classification a été acquis à une très faible majorité. Car, même si une cinquantaine de pays à travers le monde usent déjà du cannabis médical, la question fait largement polémique. « Le fossé entre les conclusions scientifiques de l’OMS et la logique douteuse derrière la décision de maintenir le cannabis dans l’annexe I suggère que les calculs politiques ont prévalu par rapport aux évaluations purement scientifiques », estime John Walsh, directeur du pôle drogue au Washington Office on Latin America.

Une décision moins forte que celle voulue par l'OMS

C’est en effet sur recommandation de l’Organisation mondiale de la santé que cette reclassification a eu lieu. Mais la vénérable institution genevoise voulait aller plus loin. Les études sur lesquelles s’appuie l’OMS estiment que le cannabis est moins dangereux que la plupart des substances qui sont elles aussi classées dans l’annexe I. Mais certains observateurs estiment que demander une décision plus progressiste encore n’aurait pu franchir le cap du vote. En conséquence, certaines associations jugent que le cadre de la convention de 1961 est dépassé.

Néanmoins, ce changement, tout de même significatif, pourrait avoir un effet positif sur la promotion du cannabis thérapeutique en France, qui patine toujours. « Si même les Nations unies reconnaissent qu’il y a un intérêt thérapeutique au cannabis, ce n’est peut-être pas la peine que l’on passe deux ans en France à se poser la question », estime Yann Bisiou, de l’association L630.