Marseille : Le parquet national financier préconise le renvoi de Jean-Claude Gaudin devant le tribunal correctionnel

ENQUÊTE Selon La Provence, le parquet national financier préconise le renvoi de l’ancien maire et de six de ses proches pour détournement de fonds publics par négligence, pour un préjudice estimé à un million d'euros par an

C.D.

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Jean-Claude Gaudin lors de sa dernière sortie officielle en tant que maire de Marseille
Jean-Claude Gaudin lors de sa dernière sortie officielle en tant que maire de Marseille — CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Après quatre années d’investigations, le rapport d’enquête du parquet national financier sur le temps de travail présumé fictif des agents de la mairie de Marseille est tombé. Selon La Provence, qui a pu le consulter, les conclusions sont sans appel : le parquet préconise le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de l’ancien maire (LR) de Marseille, Jean-Claude Gaudin , pour « détournement de fonds publics par négligence ».

Il appelle aussi à poursuivre six hauts fonctionnaires de la mairie, dont Claude Bertrand et Jean-Claude Gondard, respectivement ancien directeur de cabinet et ancien directeur général des services de la ville. L’ex-patron du Samu social René Giancarli est aussi sur la sellette.

Comme le soulignent nos confrères, « l’enquête est un inventaire à la Prévert du clientélisme qui s’était installé à la mairie, dès après les années Defferre, et aurait permis à nombre de fonctionnaires de se la couler douce ». Il cite par exemple le cas de la bibliothèque de l’Alcazar où les chefs de service ont été incapables de dire aux enquêteurs quels agents étaient présents. Lors d’une des visites des enquêteurs, « 49 agents étaient manquants à 10 h 15 » et « peu d’agents étaient présents avant l’ouverture de la bibliothèque à 11 h ». Au Samu social, service par lequel l’enquête a commencé, les personnels travaillaient 10 jours par mois.

Aucun enrichissement personnel, réagit Jean-Claude Gaudin

Le quotidien régional fait également état d’une réaction de Claude Bertrand, qui a justifié l’absence de changement de pratiques par « le risque de conflit, voire de persécution par les syndicats ». Il a aussi recueilli la réaction de Jean-Claude Gaudin, qui souligne que « ce rapport de synthèse ne fait évidemment état d’aucun enrichissement personnel ».

D’après le rapport, qui qualifie d’« abracadabrantesques » les conditions d’octroi de ces heures supplémentaires, le préjudice est chiffré entre 5,5 millions et 6,9 millions d’euros entre 2012 et 2016. Soit plus d’un million d’euros par an.