Hommage à Samuel Paty : Près de 400 incidents supplémentaires dans les établissements scolaires signalés en un mois

EDUCATION Près de 400 incidents supplémentaires signalés en un mois

A.I. avec AFP

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Hommage à Samuel Paty : Près de 400 incidents supplémentaires dans les établissements scolaires signalés en un mois (Archives)
Hommage à Samuel Paty : Près de 400 incidents supplémentaires dans les établissements scolaires signalés en un mois (Archives) — ISA HARSIN/SIPA

Près de 400 nouveaux incidents signalés. Après une nouvelle rencontre entre Jean-Michel Blanquer et les référents académiques « Valeurs de la République », ce jeudi, le bilan précis des incidents survenus lors de l’hommage à Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de 47 ans assassiné à Conflans-Sainte-Honorine après avoir montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet, a pu être établi.

Les 2 et 3 novembre, 400 incidents avaient été signalés. Du 4 novembre à la fin de ce même mois, 393 faits supplémentaires ont été signalés. Il s’agit majoritairement de provocations, contestations ou apologies du terrorisme, selon le bilan transmis par le ministère de l’Education nationale.

Près de la moitié des incidents au collège

Quarante-huit pourcents de ces faits ont été signalés en collège, 23 % en primaire, 18 % en lycée général et technologique et 11 % en lycée professionnel. A 90 % (714 faits) ont été commis par des élèves, 60 faits impliquent des parents, les autres faits ont été réalisés par des individus extérieurs à l’établissement dont un par un personnel municipal.

Au 18 novembre, 44 exclusions définitives ont été prononcées par les établissements scolaires, ainsi que 131 exclusions temporaires, 4 blâmes et 48 avertissements. Par ailleurs, 286 signalements ont été effectués auprès des services police-gendarmerie et 136 auprès des procureurs de la République.

L’institution jugée réactive mais faible sur la surveillance des réseaux sociaux

Dans son rapport, se penchant sur les événements survenus dans le collège de Samuel Paty avant son assassinat, l’inspection générale de l’Education a confirmé jeudi la réactivité de la prise en charge de l’institution mais souligne un défaut de surveillance des réseaux sociaux. « La reconstitution du déroulement des faits tend à montrer que, tant au niveau de l’établissement qu’aux niveaux départemental et académique, les dispositions ont été prises avec réactivité pour gérer le trouble initialement suscité par le cours sur la liberté d’expression de Samuel Paty », écrit l’inspection générale de l’Education.

La principale du collège « a accompagné le professeur dès le lendemain mardi quand elle a recueilli une première réaction d’une mère d’élève » et a alerté l’académie « dès le jeudi 8 avant même d’avoir rencontré le père de l’élève et l’individu qui l’accompagnait ».

Le rapport de 22 pages pointe aussi des faiblesses, telles que le manque de surveillance des réseaux sociaux.

« Des cellules de veille des réseaux sociaux » mises en place

Après les cours de Samuel Paty, la polémique, via notamment la vidéo du père d’une élève, a été particulièrement relayée sur les réseaux sociaux. Mais le rapport note que l’alerte a été donnée « par des parents d’élèves ou par un professeur ».

Pointant donc un déficit de l’institution le rapport estime qu’il « apparaît nécessaire de mettre en place ou de faire monter en puissance des cellules de veille des réseaux sociaux ».

Le rapport revient aussi sur les échanges d’informations et recommande d'« accroître la fluidité et la réciprocité des échanges d’information entre les différents échelons des services du ministère de l’Education nationale et ceux du ministère de l’Intérieur de façon, notamment, à permettre une évaluation du degré de gravité d’un événement ».