Télétravail : 45 % des employeurs « surveillent » leurs salariés

CONDITIONS La crise sanitaire a favorisé l’instauration du télétravail dans les entreprises

M.A.

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Salariée en télétravail pendant le confinement.
Salariée en télétravail pendant le confinement. — Stephane ALLAMAN/SIPA

Crise sanitaire oblige, depuis près de dix mois, les salariés sont nombreux à télétravailler. Si ce mode de fonctionnement est, pour beaucoup, synonyme de plus d’autonomie, certaines entreprises « télésurveillent » leurs salariés à distance.  Selon une étude réalisée par GetApp*, 45 % des télétravailleurs travaillent dans une entreprise qui utilise des outils de surveillance, rapporte le site Courrier Cadres, ce jeudi.

Selon une étude réalisée par GetApp, une plate-forme d’étude des logiciels métiers appartenant au groupe Gartner, 45 % des salariés interrogés travaillent dans une entreprise qui utilise des outils de surveillance des employés.

Appels, messagerie, mail, visioconférences

Et les outils utilisés sont différents d’une entreprise à l’autre. Pour 44 % des salariés sondés, la « télésurveillance » passe, avec leur accord, par un contrôle de leur activité sur l’ordinateur : « suivi du temps, historique du navigateur, mouvements de la souris, enregistrement des frappes au clavier », explique GetApp. Pour 40 %, la surveillance repose sur la vérification, par leur hiérarchie, de leur « présence » au travail à travers leurs heures de connexion. Pour 22 % des salariés, il s’agit d’une télésurveillance de leur “espace de travail”, via une webcam ou des captures d’écran. Pour d’autres, la « télésurveillance » est plus subtile : conversations audio fréquentes par téléphone (13 %), envoi d’e-mails, discussions sur une messagerie instantanée, et multiples visioconférences (15 %).

Pourtant, une partie des salariés n’y voit pas d’inconvénients. Si 59 % des travailleurs estiment que cette « télésurveillance » est une mauvaise chose, les 41 % restants perçoivent plusieurs avantages. Pour 51 % d’entre eux, la télésurveillance peut permettre aux employeurs de « prendre en compte plus facilement les heures travaillées ou les heures supplémentaires ». Dans le même sens, 40 % estiment que la télésurveillance peut inciter les managers à les « aider à optimiser leur temps de travail et à répartir les tâches selon la charge de travail de chacun ».

Repérer les situations de harcèlement

Et cette surveillance peut même aider les salariés à montrer leur efficacité. Selon l’étude, 30 % d’entre eux estiment que leur employeur peut « obtenir un meilleur aperçu des opérations quotidiennes réalisées au sein de l’entreprise », avoir « plus de visibilité quant à la productivité/rentabilité de chaque employé », et « repérer les erreurs/incidents » avant qu’elles s’aggravent. Pour 20 %, la télésurveillance peut également permettre aux managers de Repérer des « situations de harcèlement, de discrimination et autres conflits », et « des problèmes de communication ou d’organisation au sein d’une équipe ».

Mais les salariés restent majoritairement opposés à cette pratique : 59 % d’entre eux souhaiteraient ne pas ou ne plus être surveillés par leur employeur s’ils le pouvaient, 48 % estiment que c’est une source de stress, 41 % pensent que cela « entache la confiance » entre l’employeur et l’employé, et 37 % s’inquiètent de pratiques intrusives.

*Étude réalisée auprès de 1 309 salariés et 269 cadres dirigeants français, du 13 au 17 novembre 2020.