Coronavirus : Soignants « oubliés du Ségur », ils veulent aussi voir leur salaire augmenter

SOCIAL Comme dans d'autres villes de France, des personnels du social et du médico-social ont manifesté à Nantes, ce jeudi après-midi

Julie Urbach

— 

Une manifestation de soignants du social et médico social s'est tenue jeudi après-midi à Nante
Une manifestation de soignants du social et médico social s'est tenue jeudi après-midi à Nante — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Les personnels du secteur social et médico-social, s'estimant «oubliés du Ségur», réclament eux aussi une revalorisation salariale.
  • Une manifestation était organisée ce jeudi après-midi à Nantes, à l'appel de la CGT.

Ils demandent « une reconnaissance », « une vie un tout petit peu plus confortable ». Ce jeudi après-midi, plusieurs dizaines de personnels du secteur social et médico-social ont manifesté à Nantes, à l’appel de la CGT, devant le siège de Linkiaa, plus grosse association sociale du département. Ces « oubliés du Ségur », comme ils s’appellent, ont bravé la pluie battante pour dénoncer une « injustice ». « Nous aussi avons été très investis pendant le confinement auprès de personnes très vulnérables », avance Julien, éducateur spécialisé en foyers pour femmes. A côté de lui, un homme porte un petit écriteau : « Soignant en solde, -183 euros par mois ».

Cette somme, que tous réclament ici, c’est ce qu’avaient pu obtenir les personnels médicaux et para-médicaux des hôpitaux et des Ehpad, dans le cadre du Ségur de la santé. « Mais les agents du secteur social et médico-social ont été exclus, regrette Robin Michon, coordinateur régional de la CGT. C’est incohérent ! Un aide soignant qui travaille à l’hôpital va toucher beaucoup plus que celui d’un établissement spécialisé… On commence déjà à assister à une fuite de ces personnels. »

« Grille de salaire ridicule »

Sous leur parapluie, Laetitia et Magalie ne peuvent qu’acquiescer. Ces deux aides médico-psychologiques, qui travaillent avec des personnes autistes, ont vu plusieurs de leurs collègues démissionner récemment. « C’est un investissement physique et psychologique très lourd pour une grille de salaire ridicule, estime Laetitia, 38 ans. Je suis à 90 %, je travaille tôt le matin, tard le soir, un week-end par mois… Tout ça pour 1.235 euros nets, avec cinq années d’ancienneté. On aime notre métier, c’est comme cela qu’on tient. »

Mais selon les manifestants, la crise sanitaire et le confinement n’ont fait qu’aggraver la situation. « On a travaillé 24h sur 24, sans aucun soutien de notre employeur, racontent Jeanette, Nathalie et Amélie, trois assistantes familiales. Les enfants que l’on accueille n’avaient plus d’école, plus de rendez-vous chez l’orthophoniste ou le psychologue, plus de visite des parents… Cette période a été très dure pour eux, et pour nous aussi. »

« On nous donne des miettes »

Il y a quelques jours, certains d’entre eux ont commencé à recevoir une prime Covid de 1.000 euros, que le département de Loire-Atlantique a choisi de financer après que le gouvernement ne se désiste pour cette catégorie de personnels.

Un petit lot de consolation pour cet éducateur venu de Saint-Brevin : « On nous donne que des miettes, vous savez pourquoi ? Parce qu’on est une profession qui s’occupe de personnes handicapées ou psychiatriques. Des gens un peu abîmés que la société ne veut pas voir, mais qui ont pourtant bien besoin qu’on s’occupe d’eux. »

Il y a deux semaines la Fédération des hôpitaux de France (FHF) a demandé à Jean Castex d'accorder à quelque 55.000 fonctionnaires hospitaliers exclus des «accords de Ségur» l'augmentation générale de 183 euros net par mois, pointant «une injustice profonde».