Coronavirus : Des élus et professionnels de la montagne saisissent le Conseil d’Etat sur les remontées mécaniques

CONTESTATION Le gouvernement a annoncé la semaine dernière que les remontées mécaniques ne rouvriraient pas pour les fêtes de Noël

20 Minutes avec AFP

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Une station de ski, illustration
Une station de ski, illustration — SIPA

Après la décision du gouvernement de fermer les remontées mécaniques pour les fêtes de Noël, les présidents de la région Auvergne-Rhône-Alpes, des départements de Savoie, Isère et Haute-Savoie et des professionnels de la montagne ont annoncé, ce mercredi, qu’ils allaient saisir le Conseil d’Etat​.

« La décision de fermeture des remontées mécaniques et son impact sur l’économie de la montagne génèrent une profonde incompréhension dans nos territoires », soulignent ces élus et professionnels dans un communiqué.

« Pourquoi ce couperet uniquement sur la montagne française ? »

Déplorant l’échec des tentatives de dialogue avec le gouvernement, ces derniers ont donc indiqué avoir « décidé ensemble de saisir la justice ». « Un référé liberté sera déposé jeudi après-midi devant le Conseil d’Etat », a précisé Laurent Wauquiez, président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes. « On le fait car on a le sentiment que c’est la seule façon de se faire entendre. Contrôler ceux qui vont aller skier en Suisse n’a pas de sens », a estimé Laurent Wauquiez.

Critiqué par l’opposition, Laurent Wauquiez en tête, sur la mesure de fermeture des remontées, le Premier ministre Jean Castex a annoncé mercredi que le gouvernement envisageait également une période d’isolement de sept jours pour les Français rentrant du ski à l’étranger pendant les fêtes. « Les stations d’Autriche et de Suisse sont ouvertes, et en France on peut prendre le TGV, le métro, on pourra se rendre au cinéma ou dans une salle de spectacle à Noël mais pas sur un télésiège. On est prêt à faire des sacrifices mais là il n’y a pas de cohérence. Pourquoi ce couperet uniquement sur la montagne française ? », a protesté Laurent Wauquiez.

Des protocoles stricts sans aller jusqu’à l’interdiction

Selon les initiateurs de la saisine « d’autres solutions existent » comme « des protocoles sanitaires stricts sans aller jusqu’à l’interdiction », qu’ils jugent « disproportionnée et non justifiée par les impératifs sanitaires, surtout à un moment où la situation sanitaire s’améliore ». Ce référé est porté par Laurent Wauquiez, Jean-Pierre Barbier, Hervé Gaymard et Christian Monteil, présidents des départements de l’Isère, Savoie et Haute-Savoie, qui seront « bientôt rejoints par d’autres acteurs de la montagne des autres massifs », indique le communiqué.

Egalement signataire du texte, Jean-Luc Boch, président de l’association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM), a affirmé que la mesure d’interdiction « menace l’emploi de centaines de milliers de saisonniers ». « On ne peut pas jouer avec le travail des hommes », a-t-il ajouté. Mercredi, plus de 2.000 personnes, représentant l’ensemble de l’écosystème montagnard, ont réclamé à Bourg-Saint-Maurice (Savoie) et Bourg d’Oisans (Isère) le droit de travailler dès la période de Noël en dépit du veto gouvernemental. La région Auvergne-Rhône-Alpes représente 75 % des emplois du ski français.