Confinement : Ils continuent de faire la fête pour « profiter de leur jeunesse »

TEMOIGNAGES Malgré l’interdiction, des jeunes continuent à faire la fête. Nous leur avons demandé pourquoi

Charlotte Murat

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Refusant d'être à nouveau privés de liberté, des jeunes continuent à faire la fête malgré le confinement.
Refusant d'être à nouveau privés de liberté, des jeunes continuent à faire la fête malgré le confinement. — Canva/20 Minutes
  • Les fêtes sont interdites depuis le début du deuxième confinement.
  • Pourtant, des jeunes continuent de la faire.
  • Ne craignant pas d’attraper une forme grave du Covid-19, ils veulent continuer à être libres.

Souvent mises en cause dans la diffusion du Covid-19, les fêtes sont interdites partout en France depuis le 16 octobre. Pourtant, d’irréductibles fêtards continuent de se retrouver partout en France, défiant les forces de l’ordre et surtout les consignes sanitaires. « Oui, je continue à faire la fête », affirme Christopher. « Ce week-end j’étais encore en soirée à 130 km de chez moi », détaille le jeune homme qui au passage brave également les restrictions de circulation liées au confinement.

Pourquoi mettre en danger sa santé, celle des autres et risquer une grosse amende ? En premier lieu parce que ces jeunes ne croient pas à la dangerosité du virus pour leur tranche d’âge. « Parmi toutes les personnes ayant eu le Covid que je connais, seul des octogénaires sont morts, un soixantenaire a été hospitalisé », raconte Vincent, qui vit en Suisse. « Le virus n’est pas mortel pour les personnes en bonne santé », renchérit Karl. « Si on doit l’attraper, on l’attrapera tout comme on peut attraper une gastro à ce genre de fêtes mais chacun doit assumer après », ajoute Chipette. Ce que ces jeunes semblent oublier, c’est qu’ils peuvent transmettre le virus à des personnes plus fragiles qui, elles, risquent de terminer en service de réanimation, encore très encombrés de patients atteints par le Covid-19.

« Marre de ne plus être libres »

L’autre raison de ces fêtes pourrait se résumer en un mot : assez. Si la privation de liberté de mouvement a été bien acceptée pendant le premier confinement, le deuxième est plus difficile à accepter pour certains. « Je pense qu’il est arrivé un moment où nous en avons marre de ne plus être libres, assène Line. J’ai 20 ans et je ne veux pas gâcher plus de temps. C’est sûrement très égoïste, mais nous sommes l’avenir de la France et on nous prive de tout. Nous avons besoin de cette liberté. Il faut vivre, merde ! » Axel est du même avis : « Entre les cours à distance, l’arrêt des événements sportifs, on a presque l’impression d’avoir perdu un an de sa vie. Nous devons continuer à sortir, bouger, faire la fête, pour faire de nouvelle rencontre et s’amuser. On n’a qu’une jeunesse. »

« Vivre est plus important que rester en vie », ajoute Karl, 31 ans, qui avoue n’être resté strictement confiné que « trois semaines » au printemps. Il raconte l’histoire de son meilleur ami « décédé d’un cancer en moins d’un an quand nous avions 28 ans. Jusqu’à la toute fin, nous allions au restaurant et dans les bars ensemble. Je me dis que si cela s’était produit cette année, je n’aurais pas pu profiter de mon ami jusqu’à la fin. Je pense à toutes les personnes qui n’ont pas pu profiter de leurs proches décédés pendant cette période. Ces instants seront hélas irrécupérables. »

« Finir en beauté et dans la fête »

Vincent aussi a une histoire, celle racontée par ses « deux amis bosniaques qui m’ont beaucoup parlé des nuits de Sarajevo durant le siège. Ce que nous vivons est mille fois moins dangereux. Demain aucun d’entre nous ne risque d’être abattu. Et pourtant nous nous terrons depuis bientôt neuf mois. Cela devient invivable. » Alors pour ses 30 ans, il a organisé plusieurs fêtes d’anniversaire, réparties sur dix jours pour pouvoir recevoir tous ses amis. « Je continue à profiter si on doit en finir autant en finir en beauté et dans la fête », conclut Chipette. L’autorisation donnée de se réunir pour Noël et surtout le réveillon du 31 fait d’ores et déjà craindre une troisième vague de l'épidémie.