Perpignan : L'évacuation de l'homme obèse bloqué chez lui s'est achevée avec succès

OBESITE Une grue a transporté le quinquagénaire vers son ambulance, ce mardi, en fin de matinée

Nicolas Bonzom

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L'opération a mobilisé une grue de levage
L'opération a mobilisé une grue de levage — Guillaume Collard / SDIS
  • Une opération complexe et inédite a eu lieu ce mardi matin à Perpignan : elle a permis l’évacuation vers un hôpital d’Alain P., bloqué chez lui depuis des mois.
  • L’homme, qui pèse près de 300 kg, est bloqué au sol, depuis une chute.
  • Ce mardi matin, une grue a délivré l’homme afin de le transporter à l'hôpital.

Une opération complexe a délivré Alain P. de son malheur, ce mardi, à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Depuis plus d’un an, ce quinquagénaire d’environ 300 kg, malade, est bloqué au sol, depuis une chute, dans un appartement insalubre, dans le quartier Saint-Jacques. Son évacuation a mobilisé une cinquantaine de personnes, dont des sapeurs-pompiers, des policiers, des soignants ou des ouvriers pour manœuvrer la grue qui a transporté le quinquagénaire jusqu’à une ambulance.

« Afin de ne prendre aucun risque, les voisins ont été priés de quitter temporairement leur logement durant toute l’opération », précise la préfecture. La prise en charge du patient s’est achevée, avec succès, à la mi-journée. Comme prévu, l’immeuble où réside Alain P. a été consolidé, et une partie de la façade a été enlevée, ce mardi matin.

Une partie de la façade de l'immeuble a été découpée.
Une partie de la façade de l'immeuble a été découpée. - Guillaume Collard / SDIS
Une grue va permettre de transporter le patient jusqu'à une ambulance
Une grue va permettre de transporter le patient jusqu'à une ambulance - Guillaume Collard / SDIS

Transporté vers l’hôpital de Montpellier

« Après que la grue a terminé le positionnement du caisson devant l’ouverture de la façade de l’immeuble occupé par le patient, celui-ci a été disposé dans le caisson, note la préfecture. Une fois la dépose au sol du patient opérée, il a été amené dans l’ambulance bariatrique », afin d’assurer son transport vers l’hôpital de Montpellier (Hérault). Il sera soumis à une « évaluation globale » de son état de santé, avant son transfert quelques semaines plus tard vers un centre de rééducation, selon le chef du service endocrinologie, diabétologie et nutrition du CHU, Antoine Avignon.

« Avant qu'il ne soit pris en charge, je suis allé le voir, et il était inquiet, mais confiant, explique Jean Codognès, l'avocat d'Alain P., auprès de 20 Minutes. Les médecins lui avaient dit que cette opération était risquée pour lui. Mais tout s'est très bien passé. L'opération était millimétrée. C'était impressionnant de voir cette grue se positionner exactement en face de la pièce où il se trouvait, puis descendre un conteneur, dans une rue aussi étroite. Les services de la préfecture ont parfaitement maîtrisé l'opération. Je suis content que la puissance publique se soit emparée du dossier. »

L'opération s'est achevée avec succès à la mi-journée
L'opération s'est achevée avec succès à la mi-journée - Guillaume Collard / SDIS

La plainte va-t-elle être retirée ?

Le 22 octobre dernier, tandis qu’il remuait ciel et terre depuis plus d’un an pour que l’Etat évacue Alain P. vers un hôpital, son avocat, Jean Codognès, avait écrit à Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, pour réclamer que l’on se penche sur le sort de cet homme. Une plainte pour « non-assistance à personne en danger » et « omission de porter secours à personne en péril », à laquelle s’était associée la Ligue contre l’obésité, avait suivi. Ce mardi, Jean Codognès n'exclut pas que cette plainte soit retirée. « Je dois en parler avec lui, souligne-t-il. C'est un jour heureux, nous avons réussi à le sortir de cette situation. Alors sans doute vaut-il mieux se projeter vers l'avenir, et l'acquisition d'une autonomie, que les médecins vont tenter de lui restituer. »

Un médecin, début novembre, avait décrit son état de « péril imminent ». Selon la Ligue contre l’obésité, ce médecin avait observé que son obésité « ne cesse d’augmenter depuis plus d’un an […]. Le patient est assis par terre depuis cette date […]. Il a des escarres, des surinfections de plis et des troubles trophiques graves ». Le médecin avait aussi pointé « une insuffisance respiratoire restrictive avec saturation à 87 % ».