Producteur tabassé à Paris : « Pas de divorce entre la police et sa population », selon Darmanin, qui soutient Lallement

FORCES DE L'ORDRE Gérald Darmanin était auditionné ce lundi par la Commission des lois de l'Assemblée nationale

J.-L.D. avec AFP

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Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur
Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

« Je ne partage pas le fait qu’il y ait un divorce entre la police et sa population », a déclaré le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, auditionné lundi par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, après une série de violences policières.

« Il n’y a pas à renouer, ce fil n’a jamais été perdu, mais il y a à faire comprendre les difficultés que vivent les policiers et à comprendre aussi comment la population souhaite aujourd’hui l’exercice de la force légitime », a également indiqué le ministre.

« Le préfet Lallement a toute ma confiance », a déclaré le ministre de l’Intérieur. « Le préfet Lallement a un patron, c’est le ministre de l’Intérieur. Je n’ai ni amour ni haine du préfet Lallement (…) c’est un fonctionnaire travailleur, qui ne m’a jamais menti, qui dirige l’un des postes les plus difficiles de France ». « Et j’ai constaté depuis que je suis en poste qu’il ne faillit pas à ses fonctions », a-t-il encore dit à propos du préfet de police de Paris.

Des problèmes individuels

Réaffirmant que les actes commis par les policiers mis en cause dans le passage à tabac du producteur de musique Michel Zecler étaient « inqualifiables », Gérald Darmanin a estimé que « les individualités ne sont pas un tout », en prévenant qu’il « ne supporterait pas qu’on porte atteinte à l’institution de la police et de la gendarmerie. Pourquoi ces actes ? Sans doute à cause des comportements individuels, peut-être aussi des problèmes structurels qui ne datent pas d’hier ».

Il faut « donner à la police de la République, à la gendarmerie nationale, les moyens de l’exemplarité qu’on exige d’eux », a dit le ministre lors de cette audition, avant d’énumérer selon lui les « sept péchés capitaux » qui pèsent sur les forces de l’ordre.

Les péchés capitaux

Premier péché à ses yeux, « le peu de formation que nous offrons à nos policiers ». « Un policier national, c’est douze heures de formation annuelle, a-t-il dit. 20 % seulement des policiers font ces douze heures annuelles en 2019 ». Pour y remédier « j’ai proposé au président de la République cet après-midi », une « formation initiale plus importante », a dit Gérald Darmanin.

Deuxième péché, selon le ministre : « le fait qu’il n’y a pas assez de chefs ». Il faut « recréer un corps intermédiaire d’encadrement plus nombreux auprès des policiers et des policiers et des gendarmes sur le terrain », a-t-il argumenté. Viennent ensuite les problèmes de « matériel » et des « images », respectivement troisième et quatrième péchés, a dit le ministre, en réaffirmant l’intérêt des caméras piétons, qui seront généralisées le 1er juillet, comme il l’avait annoncé.

La réforme de l’IGPN évoquée

Cinquième péché : « la question des inspections ». Le ministre a estimé que « si réforme » de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) il y a à faire, il faudrait « que les préconisations » de l’IGPN en matière de sanctions administratives soient suivies par le ministre.

Il a fait valoir que si l’IGPN était « aussi mauvaise » que certains le disent « le procureur de la République » de Paris « ne l’aurait pas saisie » de l’enquête sur les violences dont a été victime Michel Zecler.

Enfin, pour renforcer le lien entre la police et la population, le ministre a préconisé de porter à 30.000 le nombre de policiers membres de la « réserve », soit le même niveau que la réserve de la gendarmerie.