Confinement à Nantes : « Le resto de l’Assemblée nationale est ouvert pendant que les autres souffrent ! »

MANIFESTATION Ce lundi matin, plusieurs centaines de restaurateurs, cafetiers et professionnels de l'événementiel se sont rassemblés sur le parc des Chantiers, à Nantes

Julie Urbach

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Une manifestation des professionnels de l'hôtellerie et de la restauration a eu lieu ce lundi matin 30 novembre 2020 à Nantes
Une manifestation des professionnels de l'hôtellerie et de la restauration a eu lieu ce lundi matin 30 novembre 2020 à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Une manifestation des professionnels de la restauration et de l’événementiel a eu lieu ce lundi matin sur l’île de Nantes.
  • La filière, qui représente 20.000 emplois directs en Loire-Atlantique, se sent « stigmatisée ».

« Laissez-nous travailler. » Le message se lit sur de grandes banderoles noires et sur toutes les bouches. Ce lundi matin, près d’un millier de restaurateurs, cafetiers, et professionnels de l’événementiel se sont rassemblés au parc des Chantiers, sur l’île de Nantes, pour manifester leur « colère ». « On a subi la première vague, on a morflé pour la réouverture cet été, mais on a fait tout ce qu’on nous a demandé, racontent Stéphanie et Hervé, gérants de la brasserie O Petit Comptoir à Vertou. On commençait à sortir la tête de l’eau et voilà qu’on nous la replonge. Quand on voit que 200 personnes rentrent en même temps chez Zara, franchement ça fait mal… »

Dans la foule, comme ce couple, beaucoup disent se sentir « stigmatisés ». C’est aussi le cas du président de l’Umih 44, l’un des organisateurs de la manifestation, qui ne cache pas son énervement. « Quand je vois que le resto de l’Assemblée nationale est ouvert, pendant que toute une filière souffre, je trouve ça inacceptable, estime Frédéric de Boulois. Tout le monde dit que les premiers lieux de contamination sont les fêtes familiales ! Donc laissez-nous travailler. C’est 20.000 emplois directs et 45.000 indirects qui sont en jeu dans le département. C’est aussi nécessaire au bien-être ensemble, qui est le ciment de notre société. »

Entreprises « sous perfusion »

Ce matin, des professionnels de toute la filière ont en effet bravé le froid pour se faire entendre. Debout à côté d’une guillotine dans lequel a été placé un mannequin déguisé en pâtissier, Franck Médard a tenu à faire la route depuis Le Bignon. Ce patron d’une pâtisserie événementielle a perdu plus de la moitié de son chiffre en raison de l’annulation des congrès ou séminaires. « J’ai commencé tout seul il y a vingt ans et je suis en train de tout perdre en quelques mois, estime le chef d’entreprise de 40 salariés. Se laver les mains, les gestes barrières, c’est la base de notre métier. Aujourd’hui, on nous sacrifie en nous disant qu’on n’est pas capables. »

Les manifestants, qui ont quitté vers 11 h 30 l’île de Nantes pour se diriger vers la préfecture, demandent de pouvoir rouvrir au plus vite. « Nos entreprises sont aujourd’hui sous perfusion, entre chômage partiel et PGE, s’inquiète Catherine Quérard, présidente du groupement des indépendants hôtellerie et restauration GNI Grand Ouest. Quand il va falloir rembourser, il va y avoir un effet ciseau… »

Vendredi dernier, la métropole a annoncé de nouvelles mesures, comme une aide au loyer de 750 euros pour le mois de novembre et le prolongement de l’exonération de la redevance pour les terrasses jusqu’à juin 2021.