Marseille : « Donnez davantage que l’an dernier ! »… Michèle Rubirola appelle à la solidarité face à l’accroissement de la pauvreté

BANQUES ALIMENTAIRES L’objectif est de récolter dans le département 350 tonnes de dons alimentaires et produits d’hygiène, pour ce week-end de collecte nationale des banques alimentaires

Caroline Delabroy

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Banque alimentaire photo Illustration
Banque alimentaire photo Illustration — C. Delabroy / 20 Minutes
  • Près de 200 magasins et 5.000 bénévoles sont mobilisés dans le département pour la collecte nationale des banques alimentaires, qui a lieu jusqu’à dimanche.
  • « Cette année, la collecte est vitale », alerte Gérard Gros, le président de la banque alimentaire des Bouches-du-Rhône.
  • L’objectif est de recueillir 350.000 tonnes de dons, soit l’équivalent de 700.000 repas.

Dans les locaux de la banque alimentaire des Bouches-du-Rhône, c’est l’union sacrée pour le lancement de la campagne annuelle de collecte de denrées alimentaires. « Donnez davantage que l’an dernier, je lance un appel à tous les Marseillais », lance la maire de Marseille Michèle Rubirola, après avoir fait le constat que « l’épidémie de coronavirus est venue accroître douloureusement le nombre de personnes victimes de la grande pauvreté ». « Ces trois jours sont fondamentaux, ils vont déterminer la répartition des dons auprès des personnes les plus fragiles, embraye Martine Vassal (LR), la présidente du conseil départemental. Cette année est particulière, nous n’avons jamais vu autant de personnes en précarité. »

« Cette année, la collecte n’est pas seulement indispensable, elle est vitale. Il est déterminant pour nous d’aller chercher 300 [tonnes de denrées], et [nous] espérons 350 tonnes », affirme Gérard Gros, président de la banque alimentaire des Bouches-du-Rhône. L’an passé, 310 tonnes de dons de produits alimentaires et d’hygiène ont été collectées localement, soit l’équivalent de 620.000 repas pour 100.000 personnes aidées.

L’objectif est cette fois d’atteindre l’équivalent de 700.000 repas. La Banque alimentaire, qui redistribue ensuite les dons à quelque 180 associations de proximité, a déjà observé les conséquences de la crise sanitaire. « Lors du premier confinement, nous avons distribué l’équivalent de 200.000 repas par semaine, au lieu de 130.000 traditionnellement, indique Gérard Gros. A la fin décembre, nous parviendrons probablement au même chiffre pour ce second confinement. »

Florian et Pauline, en service civique, se mobilisent à Marseille pour la campagne 2020 des banques alimentaires.
Florian et Pauline, en service civique, se mobilisent à Marseille pour la campagne 2020 des banques alimentaires. - C. Delabroy / 20 Minutes

« Il n’y a pas le Black Friday, cela aide. »

Casquette Obama sur la tête, gilet orange de rigueur, Franck est un vieux routier de la banque alimentaire. Il est chauffeur et fait à l’année la tournée des supermarchés pour recueillir les dons. « On arrive ici, on décharge, on trie pour redistribuer ensuite aux associations. » A ses côtés, Claude a pris la température ce vendredi matin sur le terrain. « Cela a bien marché, il n’y a pas le Black Friday, cela aide. »

Le temps d’un week-end, de nombreux bénévoles occasionnels participent à l’opération : ils sont près de 5.000 pour couvrir 200 magasins des Bouches-du-Rhône. Partenaire historique, l’association Unis-Cité a missionné pour le week-end 120 jeunes en service civique sur le terrain à Marseille. « Et cette année, une équipe de huit personnes va aider à l’entrepôt à l’année », précise Margot Schaaff, coordinatrice locale de l’association.

Florian, 22 ans, est l’un de ces jeunes. « J’ai été dans une famille où on n’avait pas tout le temps l’argent pour finir le mois, alors cela me touche », confie-t-il, avant d’ajouter : « N’importe quel don, même l’équivalent d’un euro, c’est toujours important. » Pauline, 18 ans et engagée en service civique depuis la fin octobre, a commencé la journée de vendredi au Lidl de Bonneveine. Au collège, elle a déjà participé à ces collectes. « Mais là, de faire partie de cette équipe, cela prend encore plus de sens, c’est un bel objectif. » « Même si ce n’est qu’un paquet, c’est important », enjoint-elle, tout en comprenant très bien la personne qui lui a dit « devoir déjà se nourrir elle ». Pour Pauline, rien de pire au final que l’ignorance. « Il y en a qui accepte qu’on leur explique, c’est un bon début », sourit-elle.