Producteur tabassé à Paris : Gérald Darmanin demandera « la révocation » des policiers

VIOLENCES POLICIERES Samedi dernier, un producteur de musique a été victime d’un tabassage par trois policiers, agression dont la vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux

20 Minutes avec AFP

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Gérald Darmanin au JT de France 2
Gérald Darmanin au JT de France 2 — Thomas COEX / AFP

La vidéo montre un homme tabassé par trois policiers dans le 17e arrondissement de Paris. Interrogé sur le plateau de France 2, Gérald Darmanin a affirmé qu’il demanderait « la révocation » des policiers impliqués dans l’agression de ce producteur de musique.

Les images des violences contre le producteur « sont extrêmement choquantes », a déclaré Gérald Darmanin. « Dès que j’ai pris connaissance de ce qui s’était passé, j’ai demandé la suspension de ces policiers. Dès que les faits seront établis par la justice, je demanderai la révocation de ces policiers », a poursuivi le ministre.

Un soutien « sans faille »

Le ministre de l’Intérieur a estimé que ces policiers « avaient sali l’uniforme de la République ». Trois des policiers mis en cause ont été suspendus à titre conservatoire dans l’après-midi et le préfet de police de Paris a demandé la suspension d’un quatrième, qui devrait être décidée par le Directeur général de la police nationale. Le parquet de Paris a ouvert en outre une enquête contre les fonctionnaires.

Le ministre de l’Intérieur a réaffirmé son soutien « sans faille » aux policiers et aux gendarmes, avec une « contrepartie » : « L’exigence du ministre de l’Intérieur pour le respect absolu de la loi et de la déontologie ». « Lorsqu’il y a des gens qui déconnent, ils doivent quitter l’uniforme. Ils doivent être sanctionnés. Ils doivent quitter ce travail. Ils doivent être punis par la justice », a affirmé Gérald Darmanin.

Le préfet de Paris maintenu

Interrogé sur une éventuelle démission du préfet de police de Paris, Didier Lallement, le ministre de l’Intérieur a répondu : « Je ne suis pas homme qui recherche des fusibles ou des boucs-émissaires ». « Le préfet Lallement, c’est un préfet qui exerce une mission difficile. Je souhaite qu’il continue d’exercer ses fonctions », a-t-il déclaré.

« Je suis forcément scandalisé par ces images », a réagi de son côté le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, interrogé sur LCI. Reconnaissant que s’il n’y avait pas eu d’images, « on n’aurait pas connu » cette affaire, le garde des Sceaux a affirmé : « Il faut filmer ». « C’est la raison pour laquelle les journalistes doivent faire leur métier », a-t-il insisté.

Heitz souhaite une enquête « rapide »

Toutefois, « on ne peut pas diffuser les images de policiers dans l’intention de leur nuire », a-t-il ajouté en faisant référence à l’adoption cette semaine par l’Assemblée nationale de la proposition de loi « Sécurité globale », qui suscite de vives critiques des journalistes, des défenseurs des libertés et de l’opposition. « Il faut faire attention parce que dire que la République a un problème avec les violences policières ce n’est pas vrai », a également estimé Eric Dupond-Moretti avant d’ajouter aussitôt : « Dire que chaque violence policière est un problème pour la République, ça c’est une réalité ».

Dans une rare déclaration publique, le procureur de Paris Rémy Heitz a souhaité que l’IGPN, saisie du dossier, enquête « le plus rapidement possible ». « C’est une affaire extrêmement importante à mes yeux et que je suis personnellement depuis samedi », a-t-il dit.