Coronavirus en Isère : La mobilisation s’organise autour d’une aide-soignante béninoise mobilisée pendant la crise mais aujourd’hui menacée d’expulsion

CORONAVIRUS Lydia Veyrat, Béninoise, a reçu une obligation à quitter le territoire français alors qu’elle travaille dans un Ehpad de l’Isère depuis un an et demi et qu’elle a été fortement mobilisée pendant la crise sanitaire

Caroline Girardon avec AFP

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Une aide-soignante en Ehpad (image d'illustration).
Une aide-soignante en Ehpad (image d'illustration). — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
  • Une pétition a été lancée pour aider Lydia Veyrat à rester en France.
  • Cette aide-soignante de 37 ans, d’origine béninoise, est menacée d’expulsion.
  • Elle travaille depuis un an et demi dans un Ehpad de l’Isère et a été en première ligne pendant les deux vagues de coronavirus, rappellent ses collègues à l’origine de la pétition.

La mobilisation s’organise autour de Lydia Veyrat. Cette aide-soignante de 37 ans d’origine béninoise, qui travaille dans un Ehpad de Pontcharra en Isère depuis un an et demi, est aujourd’hui menacée d’expulsion. Une aberration pour ceux qui la soutiennent. Ils ont lancé une pétition afin de rappeler que la trentenaire, fortement engagée pendant la crise sanitaire, avait reçu la prime Covid. Et qu’elle avait été « exposée en première ligne ».

Lydia Veyrat est arrivée en France après le décès de son époux, un ingénieur savoyard avec lequel elle vivait au Bénin. Elle s’est installée en Savoie afin de régler la succession de son mari. Dans cette attente, l’infirmière avait décroché un CDD dans l’Ehpad en juillet 2019 avant qu’il ne soit transformé en CDI trois mois plus tard.

« Mauvaise intégration »

« Comme les démarches prennent du temps, et comme son diplôme d’infirmière n’est pas reconnu en France, elle travaille comme aide-soignante », explique Sonia Bobin, sa collègue de travail à l’origine de la pétition. « Elle est appréciée de tous, elle est dévouée à ses patients. Elle a fait partie de ceux et celles qui ont été applaudi(e) s à 20 heures pourtant elle a reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF) au motif d’une mauvaise intégration dans la société française », poursuit-elle.

La préfecture de Savoie a d’abord refusé de renouveler son titre de séjour avant de l’inviter à quitter le territoire. Son recours déposé devant le tribunal administratif de Grenoble a été rejeté lundi. « L’Ehpad dans laquelle elle travaille a attesté par écrit qu’ils avaient besoin d’elle, souligne Didier Besson, son avocat interrogé par l’AFP. Le préfet dit au tribunal qu’il ne connaissait pas l’ensemble des éléments du dossier mais il ne dit pas non plus qu’il va revoir son dossier ». L’homme de loi a donc décidé de saisir le ministre de l’Intérieur et de faire appel de la décision du tribunal.

« Elle n’a pas manqué un seul jour, elle a même fait des heures supplémentaires »

« C’est une situation incompréhensible. Elle parle parfaitement français. Sa belle-famille est ici. Ses amis aussi. C’est une salariée modèle. Lors de la première et de la deuxième vague de coronavirus, nous avons manqué de personnel. Lydia n’a pas manqué un seul jour et a même fait des heures supplémentaires », indique l’une de ses supérieures.

Le président LR de l’Isère Jean-Pierre Barbier a également écrit un courrier à la préfecture de Savoir pour soutenir l’aide soignante, alors que le département a lancé un appel à volontaires pour renforcer ses Ehpad en difficulté.