Coronavirus en Bretagne : La coopérative des masques est prête à démarrer sa production

SOUVERAINETE SANITAIRE Implantée à Grâces dans les Côtes-d’Armor, l’usine prévoit de produire 45 millions de masques chirurgicaux et FFP2 par an

Jérôme Gicquel
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Illustration d'une usine de fabrication de masques FFP2.
Illustration d'une usine de fabrication de masques FFP2. — ALFREDO ESTRELLA / AFP
  • Un projet d’usine de fabrication de masques a vu le jour cet été en Bretagne.
  • La production va démarrer dans les prochains jours avec un objectif de 45 millions de masques chirurgicaux et FFP2 par an.
  • De nombreuses collectivités bretonnes soutiennent le projet qui vise en priorité à satisfaire les besoins régionaux.

« Je vous laisse car c’est vraiment le chantier ! » Guy Hascoët est un homme pressé. Depuis cet été, l’ancien secrétaire d’Etat à l’Economie solidaire du gouvernement Jospin s’est reconverti en chef d’entreprise, pilotant l’usine de masques portée entre autres par les collectivités bretonnes. Le projet remonte au printemps alors que la France faisait face à une pénurie de masques. Divers acteurs s’étaient alors mobilisés afin de relancer une production en Bretagne, deux ans après la fermeture de l’usine de Plaintel qui avait vu son activité être délocalisée en Tunisie.

Après l’étude de plusieurs pistes, le projet s’est concrétisé en juin avec la création d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) baptisée La Coop des masques. Implantée dans des anciens locaux d’Alcatel dans la zone industrielle de Grâces près de Guingamp (Côtes-d’Armor), l’usine s’apprête désormais à démarrer sa production. « Les premières machines vont être réceptionnées à la fin du mois et arriveront sur le site début décembre », indique Guy Hascoët.

Un objectif de 45 millions de masques par an

Dès la mi-décembre, les premiers masques sortiront donc des lignes de fabrication de la coopérative bretonne qui emploie pour l’heure une trentaine de salariés. Une fois lancée, l’usine sera en capacité de produire 45 millions d’unités par an (30 millions de masques chirurgicaux et 15 millions de masques FFP2). Ils seront en priorité vendus aux partenaires de la coopérative afin de satisfaire d’abord les besoins régionaux, notamment pour les professionnels de santé. « On sait maintenant qu’ils devront utiliser des masques tout le temps donc il y aura de la demande », souligne le président de la coopérative.

Avant l’été, l’usine devrait encore monter en puissance puisqu’elle a été retenue dans le cadre d’un appel à candidatures du ministère de l’Economie pour fabriquer du tissu non tissé filtrant qui entre dans la composition des masques. « Nous achèterons ce tissu pendant six mois, dont une partie en France, avant d’être nous-même producteur », souligne Guy Hascoët, étudiant l’idée de fabriquer des blouses et des charlottes.

« Garantir notre souveraineté économique et sanitaire »

A peine lancé, le projet fédère en tout cas dans la région avec notamment une vingtaine de collectivités qui ont investi dans le capital social de l’entreprise. C’est le cas de la métropole rennaise qui vient d’acheter des parts à hauteur de 25.000 euros.

« L’approvisionnement en masques est un enjeu majeur afin d’être moins dépendant de la production chinoise et de garantir ainsi notre souveraineté économique et sanitaire », justifie Nathalie Appéré, maire de Rennes et présidente de Rennes Métropole.