Bouches-du-Rhône : A Trets, les élèves d’une maîtresse en télétravail peuvent enfin revenir dans leur classe

CORONAVIRUS Grâce à la mobilisation des parents et au soutien de la mairie, des enfants de CE2 ont retrouvé le chemin de leur classe malgré une maîtresse en télétravail non remplacée

Caroline Delabroy

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Illustration école primaire.
Illustration école primaire. — AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES
  • Les parents d’élèves d’une école élémentaire de Trets, dans les Bouches-du-Rhône, réclament le remplacement d’une enseignante placée en télétravail parce que vulnérable au coronavirus.
  • La forte mobilisation a conduit à une solution temporaire jusqu’à Noël, avec notamment un enseignant à la retraite bénévole, que la ville entend pérenniser par une convention avec l’Education nationale.

« Il faut que d’autres écoles sachent qu’il existe des solutions ! » Après trois semaines de mobilisation, les parents d’élèves de l’école Saint-Jean à Trets ( Bouches-du-Rhône) entrevoient un début de réponse pour la classe de CE2 dont la maîtresse, vulnérable au coronavirus, est placée en télétravail.

Quand ils apprennent la nouvelle au retour des vacances de la Toussaint, la colère monte vite chez les parents, dirigée non pas contre l’enseignante mais contre le système. « Aucune entreprise ne remplace son personnel en télétravail », fait en effet valoir le rectorat d’Aix-Marseille auprès de 20 Minutes. « Les enfants sont répartis dans d’autres classes, ils ne sont pas à l’abandon, poursuit l’institution. Cela ne pose pas de souci avec le protocole sanitaire. »

« Un enfant de 8 ans ne peut pas travailler seul en pleine autonomie, ils n’ont aucune réalité du terrain, ce n’est pas possible », rétorque une maman qui confie avoir passé beaucoup de temps le soir et le week-end à revoir les exercices avec son fils. N’étant elle-même pas en télétravail, elle l’a laissé à l’école. Beaucoup, sur la classe de 29 élèves, ont fait le choix de garder les enfants à la maison. Mais pour ceux-là aussi la situation est difficile à vivre. « Cela n’a strictement rien à voir avec le premier confinement, lance Carine Minvielle, secrétaire de l’association de parents d’élèves ATPE 13. Tous les enfants sont à l’école, sauf eux. Les parents ne sont pas en chômage partiel. » Difficile par exemple, quand l’enseignante fait un cours en visio, d’assurer en parallèle une visioconférence pour le travail.

Un vacataire en soutien, employé par la mairie

Depuis lundi, à force de mobilisation via la presse et la nouvelle municipalité, les enfants ont retrouvé le chemin de la classe, pour le moment trois jours par semaine. « Un enseignant jeune retraité vient bénévolement deux jours par semaine, et le directeur de l’école a proposé sa journée de décharge », détaille Carine Minvielle, en précisant bien que l’enseignante en télétravail continue d’envoyer les cours et fournir le travail à faire sur place. Elle ne décolère pas pour autant : « C’est une solution jusqu’à Noël. On fait du bricolage, et c’est bien parce que le télétravail n’est pas possible en école élémentaire ! »

Le télétravail avec des enfants de cet âge, le maire Pascal Chauvin (LR), fils d’enseignant, n’y croit guère non plus. « La solution qui me paraît la plus évidente, explique-t-il, c’est que les parents puissent déposer en toute sérénité les enfants à l’école, et que les élèves soient au sein de leur classe, pris en charge par un intervenant extérieur pour apporter un soutien supplémentaire à l’enseignant à distance. »

« Pour que ce système soit pérenne, nous sommes en train de signer une convention assez inédite avec l’Education nationale pour permettre à une personne extérieure d’intervenir dans ce sens au sein de l’établissement. Seuls Miramas et nous, je crois, le faisons. » Dès le mois de janvier, si la décision est entérinée par le conseil municipal, la ville de Trets financera un poste de vacataire. Et ce, « le temps que la crise dure ».