Nantes : Le carton des Mini mondes, ces jouets en plastique recyclé et fabriqués en France

NOEL Il y a un an, deux Nantais ont créé les Mini mondes pour « faire évoluer le très polluant univers du jouet »

Julie Urbach

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Quentin Ory et Marine Bocabeille ont créé les Mini mondes
Quentin Ory et Marine Bocabeille ont créé les Mini mondes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • C’est le rush pour l’équipe des Mini mondes, qui a créé des figurines en plastique recyclées accompagnées de petits livrets.
  • Compostables et fabriqués en France, ces jouets veulent « véhiculer des valeurs positives » aux enfants.

Comme leurs petites figurines dans leur van coloré, ils continuent de tracer leur route. A un mois des fêtes de Noël, c’est le gros rush pour Quentin Ory et Marine Bocabeille. « En ce moment, on tourne à 400 commandes par jour, sourient les créateurs des Mini mondes, jeune marque de jouets basée à Nantes qui espère réaliser un million d’euros de chiffre d’affaires cette année. C’est génial de se dire que les choses peuvent bouger dans un univers du jouet qui n’évoluait pas, alors qu’il pollue énormément. »

Il y a un an, avec l’aide de l’illustrateur nantais Antoine Corbineau, c’est avec cet état d’esprit que les entrepreneurs inventent la famille Duchemin, ces quatre personnages emboîtables destinés aux enfants de 2 à 7 ans et fabriqués en plastique recyclé. Une matière « beaucoup plus maniable, légère et colorée que le bois », estime Quentin Ory, 29 ans, qui a aussi l’avantage de séduire « une nouvelle génération de parents, soucieux de consommer local. » C’est à Poitiers, dans une usine qui recycle des pots de yaourt, que cette matière « jusqu’ici jamais utilisée pour des jouets » et qui répond aux normes CE est produite. Les jeux, labellisés « OK Compost », sont fabriqués dans le Finistère.

Le voyage, « ce n’est pas genré »

Pour trouver la formule magique, les Mini mondes comptent sur une large communauté (majoritairement de mamans) qu’ils ont su réunir sur les réseaux sociaux. C’est là qu’est née par exemple l’idée des «carnets de voyage» : ces livrets d’histoires et de coloriages sont envoyés à 17.000 jeunes abonnés, qui découvrent tous les deux mois un pays différent (Côte d’Ivoire, Suède…), que visitent les personnages. « On parle de la langue, de la culture, et on essaye de véhiculer des valeurs positives, comme la protection des océans, explique Marine Bocabeille. On veut faire de nos enfants "des bons gars", leur dire que consommer de manière responsable ne veut pas dire que l’on s’arrête de vivre ou de voyager. »

Le van et le bateau des Mini mondes
Le van et le bateau des Mini mondes - J. Urbach/ 20 Minutes

Le mois dernier, c’est un bateau (69,90 euros le coffret, vendu exclusivement en ligne comme les autres produits) qui est sorti de l’usine à plusieurs milliers d’exemplaires, alors que les Mini mondes imaginent déjà d’autres moyens de transport, comme le vélo ou la montgolfière. « Ce qui nous a plu dans ce thème du voyage c’est qu’il rassemble tous les âges, qu’il est très pédagogique, et qu’il n’est pas genré, poursuit Marine Bocabeille, 32 ans. On est vigilant sur chaque détail : chez les Duchemin, c’est la maman, Jeanne, qui conduit le van. Au fil des histoires, on voit le papa cuisiner. C’est aussi lui qui pense à tout ! »

Un dessin animé en préparation

Pour l’année prochaine, alors que les Duchemin mettront le cap vers l’Amérique, les Mini mondes travaillent sur un jeu de société et sur la sortie d’un « coffret plage », aujourd’hui « encore trop plastique ». En plus d’agrandir l’équipe, déjà composée de six personnes, ils rêvent d’un dessin animé et ont déjà commencé l’écriture des 52 épisodes, à découvrir en 2022 si tout se passe comme prévu.