La Défenseure des droits a pointé une série de manquement dans l'affaire Théo
La Défenseure des droits a pointé une série de manquement dans l'affaire Théo — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

VIOLENCES POLICIERES

Affaire Théo : « Plusieurs gestes étaient disproportionnés », estime la Défenseure des droits dans un rapport

Le rapport de la Défenseure des droits souligne que « rien ne pouvait justifier les coups portés après le menottage et la maîtrise » de Théo

La Défenseure des droits, Claire Hédon, a réclamé mardi des «poursuites disciplinaires» à l'encontre des quatre policiers qui ont interpellé Théo Luhaka, grièvement blessé lors d’un contrôle à Aulnay-sous-Bois en 2017. Dans une décision publique adressée au ministère de l’Intérieur, Claire Hédon relève des « manquements » des quatre fonctionnaires à la déontologie policière et demande des sanctions disciplinaires, « indépendamment » du procès aux assises souhaité par le parquet de Bobigny.

Elle recommande également des sanctions disciplinaires contre l’ancien commissaire d’Aulnay et une inspection administrative, face à « l’accumulation des manquements » dans cette affaire. Lors de l’interpellation, «plusieurs gestes étaient disproportionnés», estime la Défenseure des droits, notamment le « coup pointé » de matraque télescopique qui a grièvement blessé Théo dans la zone anale, provoquant une incontinence qui le handicape à vie, selon une expertise médicale de 2019. Claire Hédon a rendu cette décision après avoir auditionné le jeune homme, les quatre policiers et avoir eu accès à l’information judiciaire.

« Rien ne pouvait justifier les coups portés après le menottage »

Le document souligne également que « rien ne pouvait justifier les coups portés après le menottage et la maîtrise » de Théo, et détaille les « coups de poing », « de genou » et l’usage de « gaz lacrymogène » démontré par la vidéosurveillance de la ville, avant que le jeune homme ne soit amené hors champ des caméras pendant « deux minutes et 20 secondes ».

Les trois agents de la Brigade de sécurité de terrain (BST) qui ont porté ces coups, et le quatrième qui a été « témoin de violences sans intervenir pour les empêcher », ont commis des « manquements » au code de la sécurité intérieure. A ce titre la Défenseure des droits, qui a pour mission de contrôler l’action des forces de l’ordre, recommande « l’engagement de poursuites disciplinaires » à leur encontre.

Dans sa décision, elle pointe également la responsabilité de l’ancien commissaire divisionnaire d’Aulnay-sous-Bois, qui « n’a pas mis en œuvre tous les moyens dont il disposait afin d’éviter les échanges entre les quatre fonctionnaires mis en cause », pendant les heures qui ont suivi l’interpellation de Théo dans la cité des 3.000. Elle réclame également des « poursuites disciplinaires » à son encontre. Claire Hédon réclame enfin une « inspection » administrative concernant les pratiques de la BST et de l’ensemble du district nord-est de la Seine-Saint-Denis, qui était également dirigé par ce commissaire.