Restos du cœur : Lancement de la 36e campagne en pleine crise sanitaire et économique

SOLIDARITE Du fait de la crise du coronavirus, l’association s’attend à devoir aider un million de personnes

20 Minutes avec AFP

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Le logo des Restos du Cœur.
Le logo des Restos du Cœur. — SYSPEO/SIPA

Pour les Restos du cœur, l’enjeu majeur « est de continuer à faire face. Dans l’urgence mais aussi sur le long terme ». L’association lance ce mardi sa 36e campagne et s’attend à recevoir 1 million de bénéficiaires. Il faut dire que le contexte est particulier cette année, avec la crise sanitaire mais aussi économique.

Nés d’une idée de Coluche en 1985, les Restos du cœur accueillent chaque année les personnes démunies pour leur campagne d’hiver. L’année dernière, 875.000 personnes ont bénéficié de leur aide et 136,5 millions de repas ont été distribués. « Je pense que cette année on dépassera le million de personnes », estime Patrice Blanc, président de l’association. Pour l’heure, l’association chiffre la hausse des inscriptions pour la campagne d’hiver à +10 %, les situations étant « variables selon les départements », avec une explosion de la demande en Seine-Saint-Denis (+45 %) et à Paris (30 %).

Le précédent de 2008

La crise sanitaire et ses conséquences économiques et sociales ont amené des nouveaux bénéficiaires : « depuis le confinement, on a vu venir les gens qui n’ont plus rien parce qu’ils ont perdu leurs petits boulots », décrit Josiane Le Blond, responsable du centre d’Argenteuil, qui a accueilli 1.500 familles l’année dernière et a enregistré 400 nouvelles inscriptions. « La crise financière de 2008 s’était traduite par une augmentation en deux ans de 25 % de personnes en plus ayant recours à l’aide alimentaire. Nous devons nous préparer à la montée d’une vague d’une ampleur au moins équivalente », alerte le président de l’association.

La crise sanitaire a également changé l’organisation des centres. La distribution accompagnée a laissé place à un système de drive, où les bénévoles amènent les denrées alimentaires à l’entrée du centre où les bénéficiaires attendent en file. « La plupart de nos locaux ne sont pas adaptés pour respecter les consignes de distanciation », explique Patrice Blanc. Exit également le « coin café » qui offrait un moment de convivialité.

La précarité des jeunes

L’association alerte par ailleurs sur la situation des jeunes, de plus en plus nombreux à frapper à leurs portes. Avec la disparition des petits boulots qui a plongé des étudiants dans la précarité, ils représentent « une source d’inquiétude encore plus particulière » pour Patrice Blanc. Les moins de 25 ans représentent déjà près de la moitié des bénéficiaires, les mineurs, 40 %. Parmi les bénéficiaires de plus de 16 ans, 36 % sont en recherche d’emploi, 12 % perçoivent une retraite, 6 % ont un emploi et 6 % sont étudiants. Avant la crise du Covid-19, fin 2019, quelque 9,3 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en France, selon l’Insee, et près de 5 millions avaient recours à l’aide alimentaire.