Un numéro d’identification attribué aux « enfants musulmans » scolarisés ? C’est faux

FAKE OFF Une mauvaise lecture d’un avant-projet de loi a mené à un échange diplomatique tendu

Mathilde Cousin

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Illustration sur la rentrée des classes.
Illustration sur la rentrée des classes. — ROMAIN BEAUMONT/SIPA
  • Shireen Mazari, ministre pakistanaise des Droits humains, a avancé que les « enfants musulmans auront un numéro d’identification » en France, alors que « les autres n’en auront pas ». Une affirmation également relayée par une éditorialiste du Washington Post.
  • « Fausse accusation », a répondu la diplomatie française.
  • Dans son projet de loi contre les « séparatismes », le gouvernement veut élargir l’attribution d’un numéro national d’identification, dit INE, à tous les enfants en âge d’être scolarisés.

« Fausse accusation. » L’ambassade de France au Pakistan a dénoncé ce week-end une « fake news », après un tweet de Shireen Mazari. La ministre pakistanaise des Droits humains a avancé que les « enfants musulmans auront un numéro d’identification » en France, alors que « les autres n’en auront pas ». Elle s’appuyait sur un article du site Muslim vibes. L’article a ensuite été modifié.

L’accusation a également été relayée par une éditorialiste du Washington Post. Emmanuel Macron « veut donner des numéros d’identification aux enfants musulmans pour aller à l’école », a tweeté samedi Karen Attiah. Tout comme Shireen Mazari, l’éditorialiste a fini par effacer son tweet. Elle a ensuite présenté ses excuses.

FAKE OFF

Dans le cadre de son projet de loi contre les « séparatismes », dont une première version a été transmise aux présidents de l'Assemblée et du Sénat, le gouvernement prévoit d'attribuer un numéro à chaque enfant scolarisé. Actuellement, les enfants scolarisés à domicile ou dans des écoles privées hors contrat n'en ont pas, à la différence de leurs camarades scolarisés dans le privé sous contrat ou dans le public. Ce numéro, également appelé « identifiant national » ou « INE », bien connu des bacheliers, sert à l’inscription dans un répertoire national et suit l’élève pendant sa scolarité.

Avec cet élargissement, le gouvernement entend pouvoir suivre le parcours scolaire de tous les élèves, suivant une recommandation de deux députées auteures d’une « mission flash » sur la déscolarisation en 2018, recommandation retrouvée par Ouest-France.

« Ce fichier permettra de savoir qui est inscrit à l’école, y compris celle à domicile pour des motifs très limités touchant à la situation particulière d’un enfant ou d’une famille, a développé Gérald Darmanin auprès du Figaro. Cela nous permettra de faire des contrôles sur la base de cette inscription, afin que tous les enfants bénéficient de ce suivi. »

Le texte, rebaptisé entre-temps projet de loi « confortant les principes républicains », doit être présenté en Conseil des ministres le 9 décembre puis examiné par les députés et les sénateurs.