Bretagne : La justice ordonne l’enlèvement de croix chrétiennes sur un terrain public

RELIGION Le tribunal administratif de Rennes s’appuie sur la loi de séparation des Eglises et de l’Etat

C.A. avec AFP

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Toussaint. Illustration de croix chrétiennes surplombant des tombes dans un cimetière à Rennes.
Toussaint. Illustration de croix chrétiennes surplombant des tombes dans un cimetière à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

La décision a fait bondir certains élus locaux, ceux du Rassemblement national en tête. Vendredi, le tribunal administratif de Rennes a ordonné au département des Côtes d'Armor d’enlever de trois croix chrétiennes implantées sur un terrain devenu public à Plorec-sur-Arguenon, entre Lamballe et Dinan. La justice avait été saisie en 2019 par la Fédération de la libre-pensée des Côtes d’Armor qui contestait la réinstallation d'un calvaire religieux construit en 1946 à l’intersection des routes départementales 60 et 89.

Situé à l’entrée du village, l’ensemble de trois croix avait été érigé sur un terrain privé qui a été cédé au département lors de la prise de compétence des routes départementales. Pour justifier sa décision, le tribunal administratif s’appuie sur la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, qui interdit d’élever un emblème religieux sur un emplacement public, à l’exception notamment des édifices servant au culte.

Le département pourrait céder le terrain

En 2018, le calvaire avait été rénové sur ses fonds par l’Association pour la conservation du patrimoine religieux (ACPR), qui avait ajouté deux croix en granit autour de l’édifice d’origine. Le maire de la commune comme le département avaient autorisé ces réimplantations, ce qu’une association a souhaité contester.

Contacté, le département a indiqué qu’il « prenait acte de cette décision » et aimerait « trouver une solution pour ne pas jeter de l’huile sur le feu, sans doute en cédant le terrain à une association ». Le tribunal lui a donné trois mois pour agir.

L’affaire rappelle celle de Ploërmel, dans le Morbihan. En 2017, le Conseil d’Etat avait ordonné le démontage d'une croix surplombant une statue du pape Jean-Paul II. La décision avait provoqué un tollé.