Daniel Cordier, ancien secrétaire de Jean Moulin pendant la Seconde Guerre mondiale, est mort

LIBERATION Daniel Cordier était aussi l'avant-dernier Compagnon de la Libération encore vivant

20 Minutes avec AFP

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Daniel Cordier, ici dans un studio de télévision en 2013. (archives)
Daniel Cordier, ici dans un studio de télévision en 2013. (archives) — MARTIN BUREAU / AFP

Daniel Cordier, l’avant-dernier Compagnon de la Libération et ancien secrétaire de Jean Moulin, est décédé à l’âge de 100 ans, a-t-on appris vendredi de sources concordantes. Un hommage national doit lui être rendu.

« Daniel Cordier, le résistant, le secrétaire de Jean Moulin, s’en est allé. Quand la France était en péril, lui et ses compagnons prirent tous les risques pour que la France reste la France. Nous leur devons notre liberté et notre honneur. Nous lui rendrons un hommage national », a écrit Emmanuel Macron sur Twitter.

« Fils de la guerre de 14 »

Né le 10 août 1920, le Bordelais Daniel Cordier, militant maurrassien et monarchiste, rallie la France Libre fin juin 1940 à Londres. « Je suis le fils de la guerre de 1914. Mon enfance, ce sont les monuments aux morts, les mutilés, etc. Alors, en 1940, quand la France a perdu la guerre qu’elle avait gagnée vingt ans plus tôt, ça a été pour moi insupportable », confiait-il il y a quelques années.

A l’été 1941, il est nommé au service « Action » du Bureau central de Renseignements et d’Action (BCRA), les services secrets des Forces françaises libres (FFL). Parachuté en France en 1942, il est embauché comme secrétaire par Jean Moulin à Lyon et reste au service de cette figure de la Résistance jusqu’à l’arrestation de ce dernier en juin 1943. Pourchassé par la Gestapo, il retourne en Angleterre et continue de travailler pour le BCRA.

1.038 compagnons distingués

Marchand de tableaux d’art contemporain et galeriste réputé après la guerre, il a donné des centaines d’œuvres au Musée Georges-Pompidou. En 1983, il a publié une colossale biographie de Jean Moulin. Le jour de son 100e anniversaire, le 20 août, Emmanuel Macron lui avait téléphoné, le remerciant « pour l’exemple donné » durant la guerre et après.

Un seul Compagnon de la Libération est encore vivant, Hubert Germain, lui aussi centenaire, sur les 1.038 distingués par le général de Gaulle pour leur engagement au sein de la France libre pendant l’Occupation allemande. Il est prévu que le dernier des Compagnons qui décédera sera inhumé au Mont Valérien, le principal lieu d’exécution de résistants et d’otages par l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale.

En 2009, au moment de la sortie de son autobiographie Alias Caracalla, il révèle son homosexualité. Il en parlera plus longuement dans Les Feux de Saint-Elme, livre qu’il a écrit et paru en 2014, un an après son soutien public au mariage pour tous.