Pyrénées : Prêtes à ouvrir, les stations de ski sont suspendues au calendrier du déconfinement

TOURISME Les professionnels du ski dans les Pyrénées attendent avec inquiétude les décisions sur le déconfinement pour savoir s'ils pourront ouvrir pour les vacances de fin d'année

Julie Rimbert

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Illustration de la station de ski de Cauterets, dans les Hautes-Pyrénées.
Illustration de la station de ski de Cauterets, dans les Hautes-Pyrénées. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES
  • Malgré l’incertitude que la crise sanitaire fait planer sur leur ouverture, les stations de ski du massif pyrénéen se préparent pour la saison d’hiver.
  • Les saisonniers ont été embauchés en attendant de connaître les décisions gouvernementales, avec une possibilité de mise au chômage partiel si les conditions sanitaires sont défavorables.
  • Selon les stations du massif, les fêtes de fin d’année représentent 25 % à 30 % du chiffre d’affaires d’une saison.

Elles préparent leur saison, en attendant de savoir à quelle sauce elles vont être mangées… Suspendues aux annonces du gouvernement, pour savoir quand débutera la saison, les stations de ski des Pyrénées espèrent bien un allégement du confinement début décembre pour sauver les vacances de fin d’année. Elles auront peut-être un début de réponse ce lundi puisque Jean Castex participe à une réunion à distance avec les professionnels de la montagne.

Selon les stations des Pyrénées, les fêtes de fin d’année représentent 25 % à 30 % du chiffre d’affaires d’une saison. L’ouverture début décembre est donc une nécessité économique après le premier confinement qui avait déjà fait baisser le rideau des commerçants un mois plus tôt que prévu au printemps.

Formations et réglages techniques

Dans la station de Cauterets, l’ouverture est pour l’instant prévue le 5 décembre, selon l’enneigement. « Nous ne nous préparons pas moins que d’habitude malgré cette saison particulière mais l’idée pour les professionnels de la montagne est d’être opérationnels dès le feu vert des autorités, souligne Vincent Doutres, directeur de l’Office de tourisme de Cauterets et responsable commercial du domaine skiable. Les vacances de fin d’année donnent l’élan du reste de l’hiver et rassurent les touristes pour les congés de février et Pâques. En attendant la décision gouvernementale, notre personnel est actuellement formé, procède aux derniers réglages techniques et aux dernières maintenances ».

Port du masque dans les files d’attente des remontées mécaniques ou dans les commerces, parcours client défini pour éviter les contaminations, les professionnels des Pyrénées s’adaptent à la crise sanitaire. Sur les deux domaines, celui de Cauterets et du Pont d’Espagne, près de 160 saisonniers, comme tous les ans, ont été embauchés pour les remontées mécaniques, les restaurants, les pistes ou la billetterie. « Nous avons privilégié l’emploi car entre 700 et 800 personnes au total vivent de l’activité touristique de la station, précise Vincent Doutres. Nous ne voulions pas faire des économies et de la casse sociale malgré la situation sanitaire. Et si la date d’ouverture est reculée, nous les mettrons au chômage partiel ».

Recrutement habituel de saisonniers

Même sentiment d’attente pour Christophe Esparseil, directeur d’exploitation des trois stations haut-garonnaises de Superbagnères, Le Mourtis et Bourg d’Oueil. Si 110 saisonniers ont été embauchés comme pour une saison classique en vue d’une ouverture le 5 décembre, la possibilité d’une mise au chômage partiel est évoquée si les conditions sanitaires restaient mauvaises ou si la neige venait à manquer.

La station du Mourtis vise une ouverture le 5 décembre.
La station du Mourtis vise une ouverture le 5 décembre. - Manuel Huynh

« Nous n’avons rien changé et nos équipes sont mobilisées pour ouvrir dès que possible, assure-t-il, confiant. Nous avons produit cette nuit la première neige de culture et nous espérons avoir vite de la visibilité pour décembre. Si nous ne pouvons pas ouvrir à Noël, qui représente environ 20 % de l’activité de la saison, cela serait une petite catastrophe mais malgré tout, nous nous projetterions sur les vacances de février, qui font 65 % de notre activité ».

« Il faut bien que les skieurs essaient leurs chaussures ! »

A la station de la Mongie, c’est aussi l’attente et le manque de visibilité sur cette saison qui focalisent l’inquiétude des professionnels. « On manque d’information à court terme mais nous mettons évidemment toutes les mesures en place pour être prêts à accueillir les clients, ce qui n’est pas toujours simple dans un magasin de ski, confie un loueur de la Mongie, dont les vacances de Noël représentent environ 15 % de son activité. Nous organisons l’attente des personnes mais le click and collect pour nous, c’est impossible car il faut bien que les skieurs essaient leurs chaussures ! J’ai aussi l’impression que ce sont les stations des Alpes qui dirigent les négociations et que l’on parle peu de la situation des petites stations familiales des Pyrénées ».

Maité Villet tient, elle, le restaurant Le Schuss, au pied des pistes de la Mongie. Depuis le 30 octobre, elle a tiré le rideau et mis au chômage partiel ses 14 salariés, dont 6 embauchés à l’année. Difficile pour elle d’envisager la suite alors qu’aucune date n’est pour l’instant prévue pour la réouverture des restaurants.

« Je préférerais que l’on nous donne une date précise plutôt que de passer par tous les stades car c’est dur sur le plan psychologique, de gérer la comptabilité et les rendez-vous avec les banquiers, avoue-t-elle. On ne sait pas si on doit reporter les échéances ou pas. Il faudrait que le gouvernement soit plus clair et que la restauration soit moins mise sur le banc de touche ».

Offres adaptées au Covid

Face à cette incertitude sanitaire, les stations adaptent leurs offres. Dans les stations N’Py, regroupant Peyragudes, Piau, le Grand Tourmalet, le Pic du Midi, Luz-Ardiden, Cauterets, Gourette et La Pierre-Saint-Martin, les clients n’ont pas besoin de passer par la case billetterie. Ils peuvent acheter leur forfait sur Internet ou grâce à la carte No Souci qui leur donne accès à toutes les stations N’Py à prix réduit.

Et si les autorités décidaient de ne pas alléger le confinement, N’Py a mis en place des procédures pour rembourser les clients en cas d’annulation, sur plus de 3.000 offres d’hébergement. Même précaution sur les forfaits : une garantie Covid-19 a été créée pour rembourser le client en fonction du nombre de journées skiées sur la saison.

Le syndicat mixte « Haute-Garonne Montagne », qui gère les trois stations haut-garonnaises, a lui aussi mis en place une garantie Covid-19 pour les détenteurs de forfaits saison. Elle s’applique en cas de non-ouverture de la station, de fermeture définitive anticipée et totale des remontées mécaniques ou de la fermeture de la station d’au moins 30 jours consécutifs faisant suite à une décision des autorités compétentes pour raisons sanitaires liées à la Covid-19. Haute-Garonne Montagne s’engage à rembourser, au prorata, le forfait saison en fonction des journées utilisées.