Coronavirus à Toulouse : «On a deux fois plus de bénéficiaires et plus de stocks, on mise tout sur la collecte», lance la Banque alimentaire

SOLIDARITE Avec la crise sociale, la Banque alimentaire de Toulouse a vu arriver des bénéficiaires en nombre qu'elle n'avait jamais vu. Pour faire face à cet afflux, elle appelle à la solidarité lors de sa grande collecte du 27 au 29 novembre

Béatrice Colin

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Des bénévoles de la Banque alimentaire à Toulouse (illustration)
Des bénévoles de la Banque alimentaire à Toulouse (illustration) — Fred Scheiber / SIPA
  • La Banque alimentaire de Toulouse et sa région a enregistré une hausse de 60 % de son nombre de bénéficiaires depuis le début de la crise sanitaire, parmi lesquels beaucoup de salariés précaires et d’étudiants.
  • Pour renflouer ses stocks, au plus bas, elle organise une collecte du 27 au 29 novembre dans les supermarchés.
  • Elle appelle à la solidarité de la population et à la mobilisation des bénévoles, nécessaires pour son organisation

Ces derniers mois, ils ont vu arriver dans les points de distribution qu’ils organisent avec d’autres associations des gens qu’ils n’avaient jamais vus. Les bénévoles de la Banque alimentaire de Toulouse et sa région ont vu affluer un nombre important d’étudiants mais aussi des intérimaires et travailleurs indépendants qui ont perdu pied avec la crise sanitaire et les deux confinements.

« Ce sont des précaires qui sont devenus pauvres, comme ce coiffeur qui avait réussi à rattraper le premier confinement cet été, mais n’a pas assez de trésorerie pour survivre au second ou ces étudiants qui ont perdu leur petit boulot, qui avant faisaient un repas là où ils travaillaient, ce qui n’est plus le cas », raconte Aurélie Racine, la directrice de l’association qui fournit entre 100 et 120 associations en denrées alimentaires.

Derrière, ce sont 20.000 personnes qui bénéficient de quoi faire un repas ou se laver chaque jour. Un chiffre en hausse de 60 % depuis mars dernier et qui ne cesse de s’accroître.

Besoins de bénévoles

Si lors de la première vague, les produits ont afflué des grandes surfaces et autres magasins partenaires, cette fois-ci la donne est différente. « Jusqu’en août, nous avons bénéficié d’énormément de dons, mais aux mois de septembre et octobre ça n’a plus été le cas, nous avons vu les dons baisser brutalement, nous n’en avons presque plus alors que nous avons deux fois plus de bénéficiaires. On arrive sur novembre et nous n’avons plus rien, plus de stocks. On mise tout sur notre collecte », avance la responsable.

Ce traditionnel rendez-vous est donc cette année crucial pour l’association. Il aura lieu les 27, 28 et 29 novembre pour assurer la phase hivernale qui s’annonce très compliquée.

Et pour mener à bien cette collecte, l’équipe a encore besoin de bénévoles, notamment de coordinateurs sur les supermarchés de certaines zones, ou encore de chauffeurs pour convoyer les dons réalisés en magasins. Et pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer, une cagnotte est mise en place sur la plateforme HelloAsso, histoire de pouvoir financer les denrées lors des mois à venir.