Rennes : « Ce n’est qu’un début », promettent les policiers après une grosse saisie de drogue

TRAFIC Seize personnes ont été interpellées mardi matin à Rennes et Saint-Malo

Camille Allain

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Le procureur de la République Philippe Astruc, ici le 18 novembre 2020 après une importante saisie de stupéfiants à Rennes.
Le procureur de la République Philippe Astruc, ici le 18 novembre 2020 après une importante saisie de stupéfiants à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Une importante opération a mobilisé 120 policiers mardi matin à Rennes. Seize personnes ont été interpellées.
  • La police considère cette opération comme « un échauffement » et assure qu’elle travaille sur d’autres opérations.
  • Sous-dotée en policiers, Rennes a reçu le renfort de 40 agents.

Seize gardés à vue, 75.000 euros en espèces confisqués, des kilos de cannabis, de cocaïne et d’héroïne saisis. Mardi matin, les policiers rennais ont frappé fort pour mettre à genoux un réseau de trafiquants de drogue actif à Rennes. On ignore pour l’heure où sévissaient leurs dealers mais il y a fort à parier qu’ils irriguaient une bonne partie de la capitale bretonne. Mercredi, les enquêteurs ont insisté sur « le long travail d’enquête » qui leur a permis de remonter peu à peu la filière. Mais surtout, ils ont voulu adresser un message aux réseaux toujours en place. « On a fait notre échauffement. On entre tout juste dans la compétition. Cette opération n’est qu’une étape », assure le commissaire Luxembourger. « Ce n’est qu’un début. Nous avons d’autres opérations en préparation », a assuré, sourire en coin, François Angelini.

Le directeur départemental de la sécurité publique d’Ille-et-Vilaine n’a pas manqué de rappeler que ses services avaient fait de la lutte contre le trafic de stupéfiants une priorité. « Aussi bien contre les consommateurs que contre les fournisseurs. S’il n’y avait pas de demande, il n’y aurait pas de trafic ». Le procureur de la République Philippe Astruc a également insisté sur « l’achalandage local » du trafic démantelé mardi matin. « Ça veut dire que localement, ils arrivaient à écouler leur marchandise ».

Sans dévoiler leur stratégie, les policiers ont fait savoir que leur enquête avait démarré « en surveillant les petits consommateurs ». « Si on interpelle un vendeur en bas des tours, on sait qu’on ne trouvera que quelques barrettes. Mais il faut le faire pour remonter les étages, suivre les voies de deal », précise Philippe Astruc.

Des moyens « plus intrusifs »

Les enquêteurs auraient également sollicité des moyens « plus intrusifs » pour surveiller le trafic, avec l’aval d’un juge des libertés et de la détention. « On ne fait pas des coups. Ce n’est pas une politique publique réactionnelle. On se mobilise dans le temps », promet le procureur. Durant les six premiers mois de l’année, dix règlements de compte avaient été enregistrés à Rennes​. Du jamais vu dans la capitale bretonne, peu habituée à voir des hommes armés dégainer. Sous-dotée en moyens policiers, la ville a reçu 40 agents en renfort.