Confinement : Ça y est ! L’attestation dérogatoire existe officiellement en occitan

MON PAIS Petit plaisir régionaliste en ces temps de restrictions, l’attestation dérogatoire de déplacement vient de sortir en occitan. Et c’est parfaitement légal

Hélène Ménal

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La croix occitane de la place du Capitole à Toulouse.
La croix occitane de la place du Capitole à Toulouse. — Alexandre GELEBART/REA
  • Nouveauté de ce deuxième confinement, l’attestation dérogatoire de déplacement est désormais disponible en occitan.
  • Elle a été traduite par l’Office public de la langue occitane.
  • Et comme les versions bretonne ou alsacienne, elle est légale car « sous-titrée ».

« Desplaçaments per far crompas » ou « per anar quèrre los enfants a l’escòla ». Vous voulez laisser dubitatif un gendarme pas vraiment du coin en plein contrôle du confinement, ou tout simplement le faire sourire ? Ce petit plaisir est à portée de clic depuis mercredi soir et la mise en ligne de la très officielle attestation dérogatoire de déplacement en occitan. Dans toutes les nuances d’occitan même, languedocien pour les Toulousains, gascon pour les Palois, limousin pour les autres.

Cette version textuelle a été traduite par l’Office public de la langue occitane (Oplo). A la demande générale, pourrait-on dire. « Cette opération est une réponse à de multiples initiatives repérées sur le terrain depuis la mise en place du second confinement, explique en effet Charline Claveau, sa présidente. L’Oplo a été sollicité pour proposer des versions normalisées et les diffuser à l’échelle interrégionale ».

Vu l’aspect allégé de ce deuxième épisode, l’office a d’abord hésité à emboîter le pas aux pionniers Bretons, aux Corses et aux Alsaciens. Mais, à en juger par le standard « qui explose » ce jeudi matin et par les 600 téléchargements déjà recensés en quelques heures, l’attestation en occitan répond à une réelle aspiration. « L’idée était aussi de montrer que l’occitan, encore parlé par 7 à 10% des habitants selon les régions, n’est pas une langue du passé, qu’on peut l’utiliser tous les jours dans le monde moderne », insiste l’Oplo.

Il y en a bien une en anglais

Et la question qui revient le plus souvent au milieu des coups de fil enthousiastes, notamment ceux des parents d’élèves – forcément militants – des calendrettes, les écoles bilingues c’est : « Est-ce bien légal, tout ça ?» « Parfaitement », répond l’Oplo. Pas moins que l’attestation en anglais proposée sur le site du ministère de l’Intérieur. Car l’attestation est bilingue (et du coup un peu à rallonge), les motifs de sortie sont traduits en français pour éviter toute incompréhension avec les forces de l’ordre. Va plan (ba pla en moins littéraire) alors.