Confinement à Cannes : Pour éviter « la liquidation », une libraire désobéit et est menacée de poursuites pénales

CULTURE Les livres sont « une évasion et surtout, en période de retour de l’intégrisme, un rempart contre l’obscurantisme », affirme Florence Kammermann 

F.Bi. avec AFP

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Florence Kammermann de la Librairie Autour d'un Livre, à Cannes, est déterminée à maintenir sa boutique ouverte durant le confinement
Florence Kammermann de la Librairie Autour d'un Livre, à Cannes, est déterminée à maintenir sa boutique ouverte durant le confinement — SYSPEO/SIPA
  • La gérante de la seule librairie indépendante de Cannes a décidé de braver le confinement et de garder ouverte sa boutique.
  • Le préfet des Alpes-Maritimes menace l’établissement d’une « fermeture immédiate » et sa gérante de poursuites pénales.

L’écrivain niçois Didier van Cauwelaert a proposé de payer ses amendes. Amélie Nothomb et Laurent Gaudé lui ont aussi témoigné de leur soutien. Mise en demeure de fermer par la préfecture des Alpes-Maritimes, Florence Kammermann, une libraire de Cannes qui maintient sa boutique ouverte malgré les mesures de confinement face au Covid-19, entend bien continuer « son combat ».

En ce moment, « le livre a toute son importance », appuie cette ancienne reporter au Proche-Orient de 52 ans. « C’est une évasion et surtout, en période de retour de l’intégrisme, c’est un rempart contre l’obscurantisme », dit-elle.

« Nous avons décidé d’aller jusqu’au bout », a plaidé son avocat Me Olivier Le Mailloux. Invoquant « une violation des libertés fondamentales », il fait savoir qu’il saisirait le Défenseur des droits et le tribunal administratif si une fermeture était prononcée. Le maire de Cannes David Lisnard s’est lui-même ému de la situation.

Risque de liquidation

La libraire qui « n’aspire qu’à travailler sereinement » a déjà reçu à plusieurs reprises la visite des forces de l’ordre. Et une mise en demeure du préfet est arrivée mardi. Bernard Gonzalez y rappelle que la boutique ne peut pas accueillir de public. Il menace l’établissement d’une « fermeture immédiate » et sa gérante de poursuites pénales.

La vente à distance mise en place en mars avait permis à cette boutique, seule librairie indépendante de Cannes, de payer un quart de son loyer. L’activité retrouvée cet été honorait les dettes, jusqu’à ce nouveau confinement. « Si on n’avait pas désobéi, on aurait été en liquidation avant fin novembre », assure Florence Kammermann.