Couac informatique et non respect du règlement intérieur lors du vote d'un lieu en hommage à Samuel Paty à Paris

HOMMAGE Les élus écologistes regrettent le non respect d'une délibération de 1938 qui impose un délai de cinq ans avant de donner le nom d'une personne à un lieu parisien

F.H. avec AFP

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Une plaque hommage à Samuel Paty à Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes).
Une plaque hommage à Samuel Paty à Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes). — Frederic DIDES/SIPA

EDIT : Cet article a été modifié après l’annulation de dépêche AFP que nous avions éditée. En effet, un couac informatique est intervenu lors du vote, bug qui n’avait pas été indiqué précédemment.

Le Conseil de Paris s’est ouvert, ce mardi, sur un hommage à Samuel Paty. Avec des discours d' Anne Hidalgo et des présidents et présidentes de groupe mais aussi une minute de silence. Puis les élus ont voté pour qu’un lieu de la capitale porte le nom de  l'enseignant décapité le 16 octobre. Lors de ce vote, un couac informatique est intervenu.

La majorité, ainsi que nombre d’élus de l’opposition, ont voté un vœu en faveur de la dénomination d’un lieu, déterminé ultérieurement en concertation avec sa famille, en hommage à l’enseignant d’histoire-géographie. Mais le vote, organisé à distance en raison des mesures sanitaires liées au Covid-19, a été marqué par un incident technique. Ainsi, 20 élus de différents groupes – dont plusieurs adjoints de la maire de Paris – ont été comptés parmi les abstentionnistes, selon les minutes du vote consultées par l’AFP. Cent vingt-deux élus ont voté pour, et il n’y a pas eu de voix contre.

Un délai de cinq ans non respecté

Il faut « forcément un nom, un lieu, une place, une dénomination au nom de Samuel Paty, nous sommes tous d’accord », a souligné Fatoumata Koné, la présidente du groupe écologiste, avant le vote, mais « nous regrettons que le règlement ne soit pas respecté sur la question des dénominations ». Ce regret a suscité l’émotion de certains élus de droite ou associations sur les réseaux sociaux, et la colère d’Anne Hidalgo.

L'élue verte avait ainsi rappelé qu'«une délibération du 9 décembre 1938 précise qu'il n'est pas autorisé de dénominer une voie au nom d'une personne qui est décédée depuis moins de 5 ans». «Ce règlement n'est respecté à aucun conseil», a regretté Fatoumata Koné.

« Je regrette votre position et je pense qu’invoquer un problème de règlement intérieur, […] face à un événement aussi majeur que la décapitation d’un professeur dans le cadre d’un attentat terroriste islamiste, ne nous permette pas de nous retrouver », a répondu sèchement Anne Hidalgo, sous les applaudissements des quelques élus présents dans l’hémicycle. « Chacun prend ses responsabilités », a conclu la maire socialiste, régulièrement en délicatesse avec les élus écologistes de sa majorité depuis sa réélection.