Loire-Atlantique : Environ 300 manifestants contre l'arrivée d'Amazon à Montbert

MOBILISATION Ce mardi midi, un rassemblement a eu lieu à Montbert, sur le site choisi par Amazon pour implanter un important entrepôt

Julie Urbach

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Une manifestation s'est déroulée à Montbert, sur le site choisi par Amazon, le 17 novembre 2020
Une manifestation s'est déroulée à Montbert, sur le site choisi par Amazon, le 17 novembre 2020 — J. Urbach/ 20 Minutes
  • La commune de Montbert a été choisie par Amazon pour accueillir une importante plateforme de colis.
  • Une première manifestation s'est déroulée sur le site, ce mardi midi.

Ils estiment que « c’est déjà énorme pour une première mobilisation dans ce contexte ». Ce mardi midi, dans le cadre verdoyant de la commune de Montbert, au sud de Nantes, quelque 300 manifestants ont cheminé ensemble sur une petite route avant de s’arrêter devant un large portail, gardé par des gendarmes. C’est ici, sur une parcelle de 14,5 hectares du parc d’activités de la Bayonne, qu’Amazon souhaite implanter une importante plateforme de colis d'ici à 2021. « Mais nous serons là pour les en empêcher, lance un homme, un sandwich à la main. Amazon fait partie de ces grands projets toxiques dont la société actuelle ne veut plus ! »

Hautement robotisé, le projet logistique, dont le permis de construire est en cours d’instruction, devrait fonctionner sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, nécessitant la création de 800 emplois. « C’est une plateforme monstrueuse qui va ne faire que précariser, s’égosille devant la foule Pascal, du syndicat Solidaires, signataire de la tribune « Pas d'Amazon dans ma zone ». Quand un emploi est créé, il y en a trois qui sont supprimés ailleurs. Les CDI sont très rares. Par-dessus tout, nous rejetons ce modèle consumériste qui dit que tout doit aller toujours plus vite. »

« De la pollution à cause de tous les camions »

Si l’on retrouve dans la foule des habitués des manifestations nantaises, venus de tout le département, certains n’ont eu que quelques kilomètres à parcourir pour rejoindre le rendez-vous, autorisé par la préfecture. « J’habite dans cette magnifique commune de Montbert depuis quinze ans et trop c’est trop, se désole Sarah, membre du tout jeune collectif Montbert citoyen. Les habitants ne sont jamais consultés, nous souhaitons aujourd’hui réagir contre notre maire qui ne soutient pas ses petits commerces en approuvant l’arrivée d’Amazon. »

Suzane, 66 ans, habite une commune voisine. Proche de la France insoumise, cette retraitée ne veut pas de « ce bâtiment de 25 mètres de haut qui risque de créer de la pollution, avec tous les camions qui vont transiter par ici. » Alors que l’aspect environnemental fait partie des inquiétudes, les défenseurs de la démarche, comme le président de la communauté de communes Johann Boblin, rappellent que « c’est un projet sur une ancienne friche hospitalière, qui ne consomme aucun hectare agricole et naturel et qui n’imperméabilise pas les sols. »

Une ZAD en devenir ?

Après cette première mobilisation bon enfant, tous se sont déjà donné rendez-vous pour un nouveau rassemblement sur le site le 28 novembre, au lendemain du Black Friday, où ils espèrent être « trois fois plus ». « C’est le début d’une lutte, estime une figure de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, qui n’exclut pas qu’elle se poursuive par une occupation physique du terrain. Une ZAD, c’est une des manières de retarder un chantier, de rendre visible une cause, mais ça se construit sur du long cours… Amazon est en ce moment fragilisé dans l’opinion. C’est le moment d’y aller… »