Coronavirus à Perpignan : Dans le quartier Saint-Jacques, près de la moitié des habitants ont été contaminés

EPIDEMIE Selon une étude, plus de 35 % des habitants qui ont été testés ont été infectés dans trois secteurs de la ville

Nicolas Bonzom

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Dans le quartier Saint-Jacques, à Perpignan (Archives)
Dans le quartier Saint-Jacques, à Perpignan (Archives) — BOB EDME/AP/SIPA
  • Une étude de séroprévalence, menée par le CHU de Perpignan et Santé Publique France, pointe la très forte circulation du virus dans le quartier Saint-Jacques, où vit une importante communauté gitane, et ceux du Haut-Vernet et du Nouveau-Logis.
  • A Saint-Jacques, près de la moitié des habitants testés (47 %) ont été contaminés.
  • Une autre étude est lancée, pour savoir si certains facteurs socioculturels peuvent expliquer une telle circulation du virus dans ces quartiers de Perpignan.

Au printemps, le quartier Saint-Jacques, à Perpignan (Pyrénées-Orientales), avait déjà été identifié comme un important cluster du Covid-19. Ici, vit une importante communauté gitane, qui a pleuré plusieurs morts, lors de la première vague.

Une étude de séroprévalence, menée par le CHU de Perpignan et Santé Publique France, pointe la très forte circulation du virus dans le quartier, et ceux du Haut-Vernet et du Nouveau-Logis. Entre le 30 juin et le 17 juillet, des prélèvements sanguins ont été pratiqués sur 700 adultes et enfants qui résident dans ce secteur de la capitale catalane.

47 % des habitants de Saint-Jacques testés ont été contaminés

Les premières analyses montrent que 35,4 % des personnes testées ont été contaminées par le coronavirus. Mais les résultats diffèrent selon les quartiers : à Saint-Jacques, près de la moitié des habitants testés (47 %) ont été en contact avec le Covid-19, contre 14 % au Haut-Vernet et 17 % au Nouveau-Logis. Des chiffres alarmants : à titre de comparaison, d’après les données de l’étude Epicov, le taux de séroprévalence était estimé à 1,9 % en Occitanie au mois de mai. Les femmes ont été, par ailleurs, plus touchées que les hommes dans les quartiers testés par cette étude : 39 %, contre 31 %.

L’étude montre aussi que les personnes de 65 ans et plus ont été moins exposées à l’infection (14,7 %), « laissant supposer un nombre de contacts avec des personnes malades moins important, un respect des mesures barrières et un isolement plus important de ces personnes qui sont perçues comme plus fragiles par la communauté ».

Des facteurs socioculturels

« Dans le contexte actuel de reprise épidémique (…), les premiers résultats de cette enquête confortent la nécessité de poursuivre les efforts vis-à-vis des populations vulnérables dans le but de réduire le risque de contamination, par la mise en place d’actions de prévention ciblées et adaptées à cette population vivant sur un mode communautaire », note Damien Mouly, responsable occitan de Santé publique France.

Une étude est lancée, pour tenter de savoir si certains facteurs socioculturels, inhérents à la communauté gitane, peuvent expliquer une telle circulation du virus. Les résultats seront connus avant la fin de l’année. « Il y a plusieurs facteurs », expliquait à Sud Radio, en avril dernier, Cathy Oustrière, infirmière à Perpignan et présidente de l’association de médiation Le fil à métisser, qui intervient dans ces quartiers. Il y a d’abord la problématique de « l’habitat insalubre ». « Mais aussi la question de la promiscuité, car il s’agit de clans (…) qui peuvent vivre à cinq, six ou sept dans des petites surfaces. Il y a aussi le mode de vie communautaire, il y a beaucoup de contacts. Les personnes peuvent recevoir plusieurs membres de leur famille au quotidien. »

Selon l’étude du CHU de Perpignan, « cette population est également plus exposée au risque de faire des formes graves compte tenu de la plus forte prévalence de certaines pathologies connues pour augmenter le risque de développer une forme plus grave du Covid-19 », comme le diabète, l’obésité, l’asthme ou l’hypertension.