Des « risques d’empoisonnement » visant les militaires ? Gare à cet e-mail émanant de l’armée

FAKE OFF Un e-mail interne à l'armée française est relayé sur les réseaux sociaux, mais la menace qu'il évoque n'est pas avérée à ce stade

Alexis Orsini

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Des militaires de l'opération Sentinelle à Marseille, le 3 novembre 2020. (illustration)
Des militaires de l'opération Sentinelle à Marseille, le 3 novembre 2020. (illustration) — CHRISTOPHE SIMON / AFP
  • Des militaires ont-ils été ciblés par des tentatives d'empoisonnement de la part de livreurs de nourriture à emporter ? 
  • C'est ce qu'affirme un e-mail viral sur les réseaux sociaux, qui aurait été envoyé au sein de l'armée.
  • Si le ministère des Armées confirme à 20 Minutes l'authenticité de ce message, il précise qu'il relève d'un processus de vigilance habituel et, surtout, qu'aucune tentative d'empoisonnement de ce genre n'est avérée à ce stade. 

En cette période de tension dans l’Hexagone – entre les récentes attaques terroristes et l’épidémie de coronavirus –, les militaires devraient-ils s’inquiéter d’une menace supplémentaire les ciblant spécifiquement ?

C’est ce que laisse penser la capture d’écran d’un e-mail à l’objet évocateur : « Risque "d’empoisonnement" de la nourriture des militaires ».

Le mail de l'armée circulant sur les réseaux sociaux.
Le mail de l'armée circulant sur les réseaux sociaux. - capture d'écran/Facebook

« A la suite de plusieurs événements survenus ces dernières semaines, les services compétents alertent sur le risque d’empoisonnement du personnel militaire. En effet, plusieurs incidents ont été recensés, au niveau national, lors de livraisons de repas via des plateformes numériques et de livraison en ligne qui opèrent par les transporteurs de type Uber [Eats], Deliveroo. Des excréments, des morceaux de verre ont notamment été découverts. Des menaces ont été proférées par des livreurs à l’encontre de militaires », peut-on lire dans les premières lignes de ce message relayé sur les réseaux sociaux.

Après avoir appelé à attendre les « résultats de l’enquête nationale sur le volume et l’ampleur de ces menaces », le courriel livre quelques « recommandations » d’usage lors des commandes à distance, telles que « ne pas signaler son statut de militaire », « ne pas se faire livrer à l’entrée de l’enceinte militaire » ou encore « ne pas récupérer sa commande seul ».

FAKE OFF

Contacté par 20 Minutes, le ministère des Armées confirme l’authenticité de ce message, qui a bien été adressé au personnel militaire d’une caserne française. Mais il précise que son contenu ne « reflète pas une réalité avérée » puisqu’« aucun fait « d’empoisonnement [n’est] connu à ce stade ». Aucun cas avéré « de tentative similaire » ou de « dénonciation judiciaire » ne lui a en outre été remonté.

Ce courriel relève « d’un processus de vigilance tout à fait habituel et récurrent. Il a été rédigé en fin de semaine dernière. Sa rédaction n’avait pas vocation à être rendue publique, s’agissant d’une mesure de sécurité pour nos militaires », précise le ministère des Armées.

De fait, ces recommandations, devenues virales sur les réseaux sociaux, sont plutôt le résultat d'un excès de zèle de la direction locale à l'origine du message, après une simple « altercation verbale » survenue dans « le Nord de la France la semaine dernière » entre un livreur et des militaires. La Voix du Nord s’était fait l’écho d’un incident entre un livreur Deliveroo et un soldat qu’il aurait menacé d’attentat en lui livrant sa commande.

« Les autorités militaires locales, à titre de précaution, ont décidé d’interdire le recours aux plateformes de livraison pour le personnel logeant en emprise militaire. Mais en aucun cas des faits de tentative d’empoisonnement n’ont été déclarés ou établis dans le cadre de cet incident », poursuit le ministère des Armées.

Et c’est dans ce contexte qu’un « appel à la vigilance a été diffusé à destination des autres zones [de] défense » sans que celles-ci n’aient été confrontées, à la connaissance du ministère, à de tels incidents.