Confinement : « Rendez-nous la messe »… Des catholiques font entendre leur voix

RELIGION Dimanche, quelques milliers de catholiques se sont rassemblés pour réclamer de pouvoir assister à des offices

20 Minutes avec AFP

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Des catholiques dans les rues de Versailles, le 15 novembre 2020.
Des catholiques dans les rues de Versailles, le 15 novembre 2020. — Martin BUREAU / AFP

Strasbourg, Bordeaux, Nantes, Rennes, Marseille, Toulouse, Nice ou encore Versailles… Un peu partout en France, plusieurs milliers de catholiques se sont rassemblés, ce dimanche, pour réclamer le retour des messes publiques, interdites pendant le confinement.

A la veille d’une rencontre avec Jean Castex et Gérald Darmanin, quelques milliers de personnes ont réclamé de pouvoir assister à des offices. La semaine dernière, le Conseil d’Etat a validé la décision du gouvernement de suspendre les cérémonies religieuses avec un large public.

« Ça ne suffit pas pour un chrétien d’être chez soi et de prier chez soi »

« Ça a pris une ampleur qu’on n’avait pas imaginée », s’est réjouie Albane, 23 ans, une des organisatrices du rassemblement versaillais. Dans la cité royale, sur le parvis de la cathédrale Saint-Louis, la foule a oscillé comme ailleurs entre chants religieux et slogans comme « la messe, la messe est essentielle ». « On nous parle de besoins essentiels ? Voilà le nôtre ! On veut la messe », a lancé une organisatrice, qui a plusieurs fois, en vain, exhorté la foule à respecter le port du masque et la distanciation.

« Nous avons besoin de la messe, ce n’est pas seulement une activité, c’est quelque chose qui nous nourrit spirituellement », a renchéri Benoît de Belleroche à Nice, où le rassemblement s’est tenu au pied de la basilique Notre-Dame. « On ne peut pas vivre pleinement sa foi sans prendre part à l’eucharistie, c’est une exigence pour notre foi », a fait valoir l’organisateur du collectif pour la messe à Nantes, Marc Billig. « Le gouvernement ne comprend pas que ça ne suffit pas pour un chrétien d’être chez soi et de prier chez soi », déclare l’abbé Guillaume Touche, 30 ans, dans le rassemblement bordelais.

Un protocole sanitaire présenté lundi

Dimanche soir, Matignon a annoncé que le Premier ministre Jean Castex se joindrait à la rencontre prévue lundi avec son ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avec les représentants des cultes pour « faire le point sur les restrictions de cérémonies religieuses liées à la crise sanitaire ». La Conférence des évêques de France a indiqué qu’elle profiterait de cet échange en visioconférence, dans l’après-midi, pour présenter au gouvernement une proposition de protocole sanitaire permettant la reprise des cérémonies publiques.

Certains manifestants ont assimilé dimanche l’interdiction de ces offices à une atteinte à la liberté de culte. « Les fondamentaux de la République, c’est aussi le respect des cultes de chacun », a estimé Emmanuel, un autre manifestant bordelais venu drapeau français en étendard. « On ne demande rien d’autre : le samedi, on va faire nos courses et le dimanche, on va à la messe ». Des fidèles ont également mis en avant l’absence de risque sanitaire à tenir des messes. « Il y a moyen de filtrer et de contrôler les personnes », a abondé Joseph Cabrita, organisateur du rassemblement de Rennes, citant à l’appui l’existence, plus tôt dans l’année, de jauges.

Les fidèles verbalisés en cas de prière sur la voie publique

A Paris, la réunion devant l’église Saint-Sulpice a été interdite par la préfecture de police après que des prières de rues ont été constatées vendredi soir au même endroit, où les consignes sanitaires n’étaient pas respectées. Aucun rassemblement ne s’est tenu dimanche. A Aix-en-Provence, la police est intervenue pour mettre fin à une messe organisée illégalement par une communauté intégriste affiliée à la Fraternité Saint-Pie X et a verbalisé les 30 personnes présentes.

Les organisateurs du rassemblement de Bordeaux, malgré leurs appels, n’ont pu empêcher des fidèles de s’agenouiller pour prier et sont donc convoqués lundi matin au commissariat, la prière sur voie publique n’étant pas autorisée. Gérald Darmanin, avait prévenu vendredi qu’il n’hésiterait pas à « envoyer les policiers et gendarmes verbaliser » les manifestants catholiques en cas « d’actes répétés ». Il a remercié dimanche sur son compte Twitter « les croyants, et notamment les catholiques, pour leurs efforts et leur compréhension ».