Confinement dans le Finistère : Déguisées en sirènes, elles réclament le droit de revoir la mer

VAGUE D'INDIGNATION Des membres de l’association Beg Meil Paddle Cup ont mené des actions ce week-end, notamment au rayon poissonnerie d’un supermarché

Jérôme Gicquel

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Les sirènes ont débarqué samedi au rayon poissonnerie d'un supermarché de  Fouesnant (Finistère).
Les sirènes ont débarqué samedi au rayon poissonnerie d'un supermarché de Fouesnant (Finistère). — Beg Meil Paddle Club

La contestation contre les mesures imposées par le confinement prend des allures de plus en plus burlesques dans le Finistère. Mardi, un homme a été aperçu en train de faire ses courses dans un supermarché de Plougastel-Daoulas simplement habillé d’un slip. Il entendait à sa façon dénoncer la fermeture des rayons et des commerces non-essentiels. Samedi, ce sont des sirènes qui ont fait irruption au rayon poissonnerie d’une grande surface de Fouesnant dans le sud du département.

Brandissant des pancartes « L’océan nous renforce » ou « Océan = Santé », les créatures marines ont défilé dans les allées du magasin pour réclamer le droit de revoir la mer. Ce dimanche matin, elles ont réitéré leur action symbolique dans les travées du marché de la Forêt-Fouesnant. « On ne comprend pas pourquoi on nous interdit d’accéder à la mer », indique Vanessa Le Reste, présidente de l’association Beg Meil Paddle Cup à l’origine de l’action, contactée par 20 Minutes.

« Les gens ont besoin de s’aérer et de prendre un bol d’air »

Lors du premier confinement au printemps, l’ensemble du littoral français avait été interdit d’accès. Les règles sont cette fois différentes puisque l’on peut se promener sur les plages. Mais seules les personnes habitant à moins d’un kilomètre de la mer ont cette chance. Une mesure « injuste » pour tous ceux qui habitent à plus d’un kilomètre mais aussi « une aberration d’un point de vue sanitaire », estime Vanessa Le Reste. « Nous comprenons que la situation est grave mais l’océan est justement l’un de nos alliés pour nous rendre plus forts, assure-t-elle. « Les gens ont besoin de s’aérer l’esprit et de prendre un bol d’air vivifiant et gratuit ».

Avec d’autres collectifs, les sirènes de Beg Meil comptent poursuivre la mobilisation ces prochains jours. Elles comptent notamment écrire au président de la République pour lui demander d’abroger la règle du kilomètre dans les territoires du bord de mer non denses et d’autoriser les sports nautiques. « Il faut qu’il comprenne que le sport c’est la santé et qu’on ne peut pas nous couper notre lien à l’océan », souligne Vanessa Le Reste.