Confinement à Bordeaux : Les espaces de coworking, une alternative pour les allergiques au télétravail ?

BOULOT Quelques télétravailleurs en difficulté à leur domicile pendant le confinement, se tournent vers les espaces de coworking qui peuvent rester ouverts

Mickaël Bosredon
— 
L'espace de coworking Startway, au Haillan (Gironde)
L'espace de coworking Startway, au Haillan (Gironde) — Mickaël Bosredon/20Minutes
  • Le site de Startway, au Haillan, reçoit quelques télétravailleurs qui ne veulent pas rester chez eux durant le confinement.
  • « A la maison se pose le problème du confort, de la connexion internet, ou la présence des enfants en fin de journée » explique la manager de Startway.
  • Les demandes peuvent se faire juste pour quelques heures, ou pour plusieurs jours.

Non, tous les salariés contraints au télétravail depuis le début du deuxième confinement, ne sont pas ravis. Même si l'objectif des autorités en incitant les entreprises à laisser leurs salariés chez eux, est de limiter la circulation du virus, certains vivent mal la situation, que ce soit par manque de place, de confort, ou par ennui.

Claire Jimenez, cadre à la Carsat (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail) Aquitaine, a ainsi « beaucoup de mal à rester enfermée à la maison » et s’est mise en quête d’un bureau dans un espace de coworking proche de chez elle, ne serait-ce que pour un jour ou deux dans la semaine. Elle est prête à payer de sa poche, encore faut-il que le tarif n’excède pas « une dizaine d’euros par jour », et que le site réponde bien à toutes les exigences sanitaires de mise en cette période.

« Le télétravail, je trouve cela intellectuellement pauvre »

Cette Bordelaise vit pourtant dans une maison dans le quartier Caudéran. Mais « ne pas avoir de sas de décompression entre le travail et la maison me met mal à l’aise » explique-t-elle. « Et puis il y a aussi le fait de ne pas voir de monde : quand on est à son boulot, on échange, là je suis coupée de tout cela. Au final, même si on a plus de travail à cause notamment de la hausse conséquente de mails à traiter, le télétravail, je trouve cela intellectuellement pauvre. »

Gardant de mauvais souvenirs du premier confinement, Patrick, lui, n’a pas longtemps hésité pour franchir le pas cette fois-ci. Consultant international vivant à l’année à Paris, il a pris un bureau pour un mois dans les locaux de Startway, un coworking ouvert depuis la rentrée au Haillan, dans la banlieue de Bordeaux. « Ma compagne vit au Haillan, explique-t-il, et j’ai préféré passer ce deuxième confinement près d’elle plutôt que chez moi. Elle a un appartement assez spacieux, mais elle a deux enfants qui sont parfois là l’après-midi, ce n’est pas un environnement suffisamment tranquille pour travailler. Du coup, je prends son vélo et je viens bosser ici. »

« Une dizaine d’appels depuis le début du confinement »

Pour un mois chez Startway, il en coûtera à Patrick 199 euros HT. « Les tarifs démarrent à 5 euros HT/heure, puis 20 euros la demi-journée et 30 euros la journée, nous avons aussi des pass coworking au mois, et pour les entreprises des tarifs en fonction des bureaux et du nombre de postes que l’on prend » détaille Séverine Perier, manager du site Startway au Haillan. En tant qu’ERT (Etablissements recevant des travailleurs), et non ERP (Etablissement recevant du public, ce qui est le cas d’autres espaces de coworking) Startway peut rester ouvert durant le confinement.

Séverine Perier, manager du site de coworking Startway au Haillan, près de Bordeaux
Séverine Perier, manager du site de coworking Startway au Haillan, près de Bordeaux - Mickaël Bosredon/20Minutes

La vocation première de Startway, reste avant tout de continuer d'accueillir les travailleurs indépendants et les entreprises qui fréquentent l'espace le reste de l'année. Pendant le confinement, le CeFap (Centre de formation à l'accompagnement périnatal) continue ainsi d'y dispenser ses cours, pour une quinzaine de personnes, qui ne peuvent pas se réaliser à distance. « Mais parallèlement, j’ai aussi eu une dizaine d’appels de personnes qui résident dans le coin, et qui cherchent un endroit pour télétravailler car elles ont besoin de sortir de chez elles » assure Séverine Perier. Ne serait-ce que quelques heures dans la journée. « Généralement, poursuit-elle, ces personnes n’ont pas de bonnes conditions pour travailler depuis chez elles. A la maison se pose effectivement le problème du confort, de la connexion internet, ou la présence des enfants en fin de journée. »

« En ce moment, les gens sont très sensibles au fait d’avoir de l’espace, de ne pas être les uns sur les autres »

Jolis bureaux, sièges ergonomiques, frigo, cafetière et... distanciation sociale de rigueur, le site de Startway au Haillan propose, sur 1.200 m2, deux espaces ouverts avec 12 à 14 postes de coworking, 35 bureaux privatifs, quatre salles de réunion, et une salle pour la restauration ou l’animation d’ateliers. « En ce moment, les gens sont évidemment très sensibles au fait d’avoir de l’espace, de ne pas être les uns sur les autres, insiste Séverine Perier, et nous portons de notre côté une attention particulière aux mesures sanitaires. » Et ici, glisse-t-elle, « on n’est pas sollicité par des tâches ménagères tout au long de la journée… »

Le site de Startway, au Haillan, propose des bureaux, et des espaces conviviaux pour des échanges entre travailleurs.
Le site de Startway, au Haillan, propose des bureaux, et des espaces conviviaux pour des échanges entre travailleurs. - Mickaël Bosredon/20Minutes

L’entreprise Startway possède 34 sites en France implantés en grande majorité en partenariat avec La Poste. Alice Tortech, responsable communication de l'entreprise, souligne que l'activité traditionnelle de Startway est loin d'être à l'arrêt, et confirme que, même si cela reste marginal, cette demande de salariés cherchant ponctuellement un espace pour télétravailler, s’observe sur toute la France, et notamment en région parisienne.

Plutôt des « grosses boîtes qui achètent des crédits pour leurs employés »

« Nous avons des télétravailleurs qui gardent de mauvais souvenirs du premier confinement, et qui n’ont pas forcément un espace de bureau chez eux, poursuit Alice Tortech. Et chez nous, ils bénéficient aussi de salles de visioconférence. » Elle concède toutefois que les salariés qui paient de leur poche ne constituent pas la majorité de la demande, et que le plus souvent il s’agit de « grosses boîtes qui achètent des crédits pour leurs employés ».

Et pour ceux qui sont mal installés à domicile, mais qui craignent de sortir de chez eux, « nous proposons également une offre, Startway at home : une location pour chez soi de bureau et de chaise ergonomique, à 25 euros par mois, ajoute Alice Tortech. Elle plaît beaucoup en ce moment. »

Mesures Covid

Les mesures de sécurité sanitaires sont renforcées sur tous les sites de Startway: réaménagement des espaces de travail, réduction de la capacité d'accueil des salles de réunion et des espaces de pause et augmentation de la fréquence de nettoyage des postes, notamment.