Guadeloupe : Plus de 1.000 demandes de RSA supplémentaires chaque mois

AIDES SOCIALES Pour la présidente du département, la crise du coronavirus a entraîné la baisse « des activités liées à l’économie informelle » conduisant la population à recourir au RSA

20 Minutes avec AFP

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Le Revenu de solidarité active (RSA) est versé par la CAF.
Le Revenu de solidarité active (RSA) est versé par la CAF. — ALLILI MOURAD

Avec la crise sanitaire, la situation sociale est actuellement dramatique en Guadeloupe. « Depuis le début du second semestre 2020 », le nombre de nouveaux bénéficiaires du Revenu de Solidarité active (RSA) y est en « très forte augmentation », plus d’un millier par mois, a alerté lundi Josette Borel-Lincertin, présidente du département.

« Selon les chiffres consolidés », « le pic a été atteint en juillet, avec 1.408 demandes enregistrées, contre 901 en 2019 », a-t-elle détaillé. Surtout, « les mois suivants ont été marqués par des augmentations systématiques supérieures à un millier de nouvelles entrées dans le dispositif ». La Guadeloupe compte un peu moins de 400.000 habitants, et l’Insee estime qu’en 2017, 34 % de la population vivait avec moins de 1.010 euros par mois et 19 % avec moins de 790 euros par mois.

Les difficultés des très petites entreprises

Pour Josette Borel-Lincertin, les conséquences de la crise sanitaire « se font durement ressentir en Guadeloupe depuis le déconfinement » qui voit le ralentissement de l’économie comme responsable de l’explosion de la précarité. Ce sont notamment les difficultés connues par les très petites entreprises, les travailleurs indépendants, les intérimaires mais aussi « le tarissement d’une part substantielle des activités liées à l’économie informelle » qui ont conduit la population à recourir au RSA.

Cette situation n’est pas sans « conséquences budgétaires » selon la collectivité, qui anticipe un phénomène durable et précise que « chaque augmentation du nombre de bénéficiaires se traduit par un alourdissement du reste à charge pesant sur le Conseil départemental ». Ce reste à charge, évalué après le remboursement de l’Etat, qui selon la présidente « n’a jamais assuré la totalité du financement du RSA, depuis son transfert aux départements en 2004 », se montait pour le département de la Guadeloupe à 71,6 millions d’euros en 2019. Pour 2020, la collectivité a dû rallonger son budget « de 5 millions d’euros » et prévoit un reste à charge de 90 millions d’euros.

Des prévisions pour 2021 « tout aussi inquiétantes »

« Nous finançons chaque année une part plus importante de ce dispositif de solidarité nationale sur nos fonds propres », précise-t-on au département qui « attend du gouvernement une prise de conscience de l’urgence » et la nécessité de « prévoir de nouveaux financements » pour « faire face ». « Les prévisions pour 2021, tout aussi inquiétantes », mettent en péril « à court terme », les marges de manœuvre budgétaires de la collectivité, d’autant plus sollicitée qu’en Guadeloupe, le département, finance, (tout comme la Région) beaucoup de projets en dehors de ses compétences.