Confinement à Lyon : « Laissez nous travailler », les commerçants indépendants organisent une marche funèbre pour alerter de leur situation

CONFINEMENT Lundi matin, environ deux commerçants indépendants de Lyon ont manifesté devant la préfecture du Rhône

C.G. avec AFP

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Environ 200commerçants indépendants de Lyon ont organisé une marche funèbre lundi matin pour dénoncer leur situation.
Environ 200commerçants indépendants de Lyon ont organisé une marche funèbre lundi matin pour dénoncer leur situation. — J. Pachoud/ AFP
  • L’inquiétude grandit parmi les commerçants indépendants de Lyon fermés depuis le second confinement.
  • Coiffeurs, restaurateurs, chefs cuisiniers, galeristes et hôteliers ont manifesté, ce lundi matin, devant la préfecture du Rhône.
  • Ils estiment que « 20 % des hôteliers et 30 à 40 % des restaurateurs et cafetiers » ne se relèveront pas de la crise sanitaire à la fin de l’année.

Environ deux cents commerçants et indépendants se sont rassemblés lundi matin devant la préfecture du Rhône pour alerter sur la situation de leurs établissements, fermés depuis le second confinement. A l’appel de l’Umih (Union des métiers de l’industrie hôtelière), de la FNH (fédération nationale de l’habillement) ou encore des Toques blanches, une association de restaurateurs lyonnais, les manifestants étaient réunis autour d’une revendication commune : « Laissez-nous travailler ».

Coiffeurs, restaurateurs, galeristes, hôteliers… Au son de la marche funèbre, drapés de noir jusqu’au masque, différents représentants de ces professions non essentielles affectées par les fermetures liées au nouveau confinement se sont allongés au sol pour illustrer leur agonie. Puis le cortège s’est élancé pour un demi-tour du bâtiment de la préfecture de région, avec à sa tête un cercueil, symbole de la mort de leurs métiers. Parmi les slogans, « tout le monde déteste les fermetures » ou « nous refusons de voir anéanti le travail de toute une vie ».

Si le Premier ministre Jean Castex a laissé entrevoir une réouverture en cas d’amélioration de la situation sanitaire ces prochaines semaines, Fanny Hemmerlin, gérante d’un magasin de jouets en bois à Lyon, alerte sur « l’urgence de sauver Noël ».

« 30 % 40 % des restaurateurs ne se relèveront pas »

« Tout le monde ne peut pas être ouvert en "click & collect", et même pour ceux qui le font, ça reste dérisoire par rapport au chiffre d’affaires que l’on devrait normalement faire à quelques semaines des fêtes », ajoute-t-elle. Séverine Laurier, propriétaire d’un magasin de prêt-à-porter lyonnais, se lamente, elle aussi : « Mon mari est coiffeur, donc lui aussi a fermé. Nous avons cinq enfants et on risque de se retrouver sur le carreau. » La commerçante espère que les assureurs « prendront leurs responsabilités ».

Christophe Marguin, président des Toques blanches lyonnaises, réclame de pouvoir ouvrir les restaurants « au moins les midis du lundi au vendredi midi pendant que l’économie tourne ». Pour Laurent Duc, président de l’Umih, c’est déjà trop tard : « 20 % des hôteliers et 30 à 40 % des restaurateurs et cafetiers ne se relèveront pas ou changeront de main à l’issue de cette année 2020 » en France.