Coronavirus : Les parents d’élèves inquiets face au spectre du retour de l’école à la maison

EDUCATION Des syndicats enseignants appellent à la grève ce mardi pour obtenir notamment la possibilité de réduire les effectifs en classe

Delphine Bancaud

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Une élève travaillant à distance en mars 2020.
Une élève travaillant à distance en mars 2020. — Stephane ALLAMAN/SIPA
  • Jean-Michel Blanquer a encouragé jeudi dernier les cours à distance pour les lycéens, afin de freiner les contagions au coronavirus.
  • Les parents d’élèves, tant du public que du privé, craignent que ce scénario ne soit aussi adopté pour le primaire et le collège.

Ils pensaient que la rentrée de septembre signifierait un retour à une scolarité normale pour leurs enfants. Mais deux mois plus tard, les parents d’élèves déchantent. Car face à la colère dans les lycées à l’encontre d’un protocole sanitaire jugé insuffisant, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a encouragé jeudi dernier les cours à distance pour les lycéens, tout en conservant un minimum de 50 % des élèves en classe. Forts de cette décision, le Snes-FSU, le SNuipp-FSU et le Snalc ont lancé un appel à « la grève sanitaire » ce mardi, pour réclamer la possibilité pour les écoles et les collèges de faire eux aussi des demi-groupes.

Si pour l’heure, Jean-Michel Blanquer s’y refuse, les parents d’élèves craignent pourtant que ce scénario du semi-distanciel ne se produise. « Après le passage des lycées à l’accueil en demi-groupes ou par niveau, l’école et le collège sont en sursis. Or, aucun parent n’a envie de connaître à nouveau le cauchemar de l’école à la maison », lance Rodrigo Arenas, le coprésident de la première fédération des parents d’élèves du public, la FCPE. Même inquiétude chez Gilles Demarquet, porte-parole de la principale association de parents d’élèves du privé, l’Apel : « Même si la situation est difficile, nous souhaitons que l’école ou le collège à distance soient évités au maximum ».

« Les parents ne voudront pas laisser leurs enfants de 6e seuls à la maison »

Pour eux, le confinement de mars dernier, avec la continuité pédagogique en ligne, a eu des effets négatifs : « Certains élèves ont dû travailler sur un téléphone portable, faute d’ordinateur disponible. Leur année scolaire 2019-2020 a été sacrément perturbée », souligne Gilles Demarquet. « Et beaucoup n’ont pas pu être aidés par leurs parents. L’absence de cantine a aussi pénalisé nombre d’élèves, qui ne se sont pas bien nourris pendant le confinement », souligne Rodrigo Arenas. La publication, ce lundi, des résultats des évaluations nationales de début d’année, qui montre que le confinement a pesé sur les résultats des élèves de CP et CE1, apporte d’ailleurs de l’eau au moulin des fédérations de parents d’élèves.

Et contrairement au confinement de mars, beaucoup plus de parents travaillent aujourd’hui sur site et non chez eux (notamment de nombreux fonctionnaires). « Or, les parents ne voudront pas laisser leurs enfants de 6e seuls à la maison. Si une partie de la scolarité des collégiens se passait à distance, cela aurait un fort impact sur la capacité des parents à se rendre à leur travail », anticipe Gilles Demarquet. Des arguments auxquels le gouvernement est forcément sensible à l’heure où beaucoup d’entreprises sont en difficulté.