Coronavirus dans le Val-d’Oise : Le département à nouveau en première ligne face au Covid-19

EPIDEMIE Depuis la semaine dernière, l’incidence du coronavirus dans ce département de la grande couronne est supérieure à celle de Paris

Caroline Politi

— 

Coronavirus: La France passe la barre des 40.000 morts (Illustration)
Coronavirus: La France passe la barre des 40.000 morts (Illustration) — Tristan Reynaud/SIPA
  • Vendredi, l’incidence de l’épidémie de Covid-19 dans le Val-d’Oise atteignait les 412 cas pour 100.000 habitants après un pic fin octobre à 615.
  • Lors de la première vague, le département avait enregistré une hausse de la mortalité de 92 %.
  • Le taux d’occupation des lits de réanimation est de 93 %.

C’est une première place dont ce serait bien passé le Val-d’Oise : la semaine dernière, ce département de la grande couronne affichait le plus fort taux de nouvelles contaminations au coronavirus d’Ile-de-France. Selon l'agence régionale de santé  (ARS), vendredi, 412 nouveaux cas pour 100.000 habitants ont été recensés, soit une incidence supérieure de 20 % à celle de Paris et de 12,5 % par rapport à la moyenne régionale. Des chiffres qui pourraient être revus à la hausse dans les prochains jours, les laboratoires faisant face à des problèmes de remontées de leurs données

Ces données ravivent le souvenir pas si loin de la première vague dans ce département qui fut l’un des plus fortement et des plus durablement touchés, le dernier de l’hexagone à être maintenu en « zone rouge » après le confinement. Une étude de l’Insee parue en juin faisait état de 92 % de décès supplémentaires entre le 2 mars et le 10 mai 2020 par rapport aux années précédentes. A l’époque, les autorités sanitaires avaient avancé plusieurs hypothèses pour expliquer la virulence du Covid-19 dans le Val-d’Oise : la proximité de l’Oise, où les premiers clusters ont été détectés dès le mois de février, la vitalité de la vie communautaire et religieuse, notamment à Sarcelles, avec la tenue de plusieurs rassemblements avant le confinement, la densité de l’habitat…

Inégalités sociales et économiques

Autant d’éléments qui, combinées aux inégalités sociales et économiques, avaient rendu l’épidémie difficilement contrôlable. Car face au Covid-19, les plus à risque sont paradoxalement les plus exposés. Et sur ce point, la situation n’a guère évolué d’un confinement à l’autre. Au-delà de l’âge, le coronavirus touche dans des proportions plus importantes des populations ayant des pathologies souvent associées à la précarité : l’obésité, le diabète ou l’hypertension. Or, ce sont souvent ces mêmes populations qui se retrouvent en « première ligne » : caissier, agent d’entretien, auxiliaire de vie… « Dans ce département, une partie importante de la population travaille dans les métiers dits "essentiels", ceux qui ne se sont pas arrêtés pendant le confinement ou qui n’ont pas pu faire de télétravail », analysait au mois de juin le directeur de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France, Aurélien Rousseau. A cela s’ajoute la promiscuité des logements.

Comment expliquer néanmoins que ce département affiche une nouvelle fois un bilan plus alarmant que certains départements limitrophes présentant un tissu économique et social similaire ? En Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France, l’incidence se situe autour de 372 nouveaux cas pour 100.000 habitants. Pour l’heure, les autorités sanitaires estiment qu’il est trop tôt pour avancer des hypothèses, les données étant encore trop mouvantes. D’autant qu’à y regarder de plus, si l’incidence est plus élevée dans le Val-d’Oise, le taux de positivité des tests, lui, est supérieur en Seine-Saint-Denis (26,8 contre 24,3 en fin de semaine dernière) : les courbes pourraient donc encore être amenées à évoluer rapidement.

Dans les deux départements, les indicateurs semblent avoir marqué le pas depuis la fin du mois d’octobre mais la baisse apparaît plus marquée dans le Val-d’Oise : le 28 octobre, l’incidence se situait autour de 615 cas pour 100.000 habitants, contre 533 en Seine-Saint-Denis. Reste que dans les deux départements, la tension hospitalière est à son comble : la barre des 100 % de lits de réanimation occupés par des patients Covid + pourrait être atteinte dans le courant de la semaine.