Immolation par le feu d'un étudiant à Lyon : Un an après, Anas donne de ses nouvelles sur les réseaux sociaux

PRECARITE ETUDIANTE Le 8 novembre 2019, Anas, étudiant à l’université Lyon 2, s’était immolé par le feu devant un bâtiment du Crous pour dénoncer la précarité des étudiants

Caroline Girardon

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Rassemblement de plus de 1000 personnes devant le Crous de Lyon en soutien a l'etudiant stephanois, Anas, brule a 90% apres son immolation le vendredi 8 novembre car dans une precarite financiere trop importante pour vivre suite au non-renouvellement de sa bourse. Son geste politique veut denoncer la misere de notre societe et la montee de l'extrÃ"me droite - 12.11.2019 - Flore Giraud//04SIPA_CROUS115057/1911121829/Credit:Flore Giraud/SIPA/1911121836
Rassemblement de plus de 1000 personnes devant le Crous de Lyon en soutien a l'etudiant stephanois, Anas, brule a 90% apres son immolation le vendredi 8 novembre car dans une precarite financiere trop importante pour vivre suite au non-renouvellement de sa bourse. Son geste politique veut denoncer la misere de notre societe et la montee de l'extrÃ"me droite - 12.11.2019 - Flore Giraud//04SIPA_CROUS115057/1911121829/Credit:Flore Giraud/SIPA/1911121836 — Flore Giraud/SIPA

Le 8 novembre 2019, Anas s'était immolé par le feu devant un bâtiment du Crous à Lyon pour dénoncer la précarité des étudiants. Un acte désespéré aux lourdes conséquences. L’étudiant, très gravement brûlé, a passé cinq mois dans le coma. Un an après, le jeune homme de 23 ans donne de ses nouvelles publiquement pour la première fois en postant un long message sur les réseaux sociaux.

Brûlé au troisième degré sur 75 % du corps, Anas indique avoir subi 48 opérations et deux amputations aux doigts, précisant que ses « chances de survie » étaient estimées au départ à « 24 heures ». Il a quitté l’hôpital Edouard Herriot de Lyon pour suivre sa rééducation au centre médical de l’Argentière.

« Un an après, j’ai encore des plaies ouvertes et entame de nouvelles opérations. Je gagne cependant de jour en jour en autonomie : je parle de nouveau depuis mai. Je marche très bien et j’arrive à écrire correctement des textes malgré mes amputations », raconte-t-il expliquant avoir repris ses études en distanciel, toujours à l’université Lyon 2. Précisant également poursuivre ses activités syndicales.

« Ce n’est pas dans la passivité qu’on arrive à défendre de bonnes conditions de vie »

« Je suis conscient de la gravité de mon acte désespéré, Je traversais une période difficile sans emploi stable, sans logement étudiant et sans bourse universitaire, explique-t-il. Je me réveille en constatant que cela aura au moins permis quelques avancées telles que les repas des Restau U à 1 €, même s’ils ne s’adressent qu’aux boursiers et boursières ».

« Ce n’est pas dans la passivité qu’on arrive à défendre, et encore moins à gagner, de bonnes conditions de vie, ajoute-t-il. Cela est encore plus vrai au temps où les populations les plus précaires sont bouleversées par la maladie du coronavirus », conclut-il, n’oubliant pas de remercier toutes les personnes l’ayant soutenu ou « agi pour donner un sens à [son] geste ».