Islamisme : Trois enquêtes ouvertes après des menaces contre l'imam Chalghoumi

FATWA Cet imam modéré fait l’objet de « menaces exacerbées » d'islamistes depuis la mort de Samuel Paty, selon son avocat. Trois enquêtes notamment pour « menaces de mort »

David Blanchard
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L'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi (à gauche), au côté du président du consitoire juif de France, Joel Mergui, du grand rabbin de France Haim Korsia, et de l'évêque de Pontoise le 21 juillet 2014 dans une synagogue à Sarcelles.
L'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi (à gauche), au côté du président du consitoire juif de France, Joel Mergui, du grand rabbin de France Haim Korsia, et de l'évêque de Pontoise le 21 juillet 2014 dans une synagogue à Sarcelles. — Stephane de Sakutin AFP

C’est l’une des voix les plus opposées à l’islam radical. L’imam Hassen Chalghoumi, pourfendeur de l’intégrisme islamiste, fait l’objet de « menaces complètement exacerbées » depuis la mort de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie au collège de Conflans-Sainte-Honorine, selon son avocat. Me David-Olivier Kaminski a écrit un courrier à Emmanuel Macron et obtenu l’ouverture de trois enquêtes notamment pour « menaces de mort ». Il réclame un « renfort » de la protection policière autour de son client.

Hassen Chalghoumi, imam à la mosquée de Drancy en Seine-Saint-Denis, dont la représentativité est souvent contestée dans la communauté musulmane, est connu pour ses prises de position contre l’intégrisme et ses rapports d’amitié avec la communauté juive, qui lui valent critiques et menaces, largement relayées sur Internet.

Hassen Chalghoumi fait l’objet d’une « fatwa »

« Il ne s’exprime pas au nom des musulmans mais est une des voix, et défend les valeurs de la République », a souligné son avocat. Me Kaminski a aussi adressé au moins trois plaintes au parquet de Paris, concernant les menaces « par milliers » et la « fatwa » dont Hassen Chalghoumi, âgé de 48 ans, fait l’objet.

Trois enquêtes ont été ouvertes et confiées à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes, a indiqué dimanche le parquet de Paris, confirmant une information du Parisien. « L’une porte sur des faits d’apologie du terrorisme et de menace de mort, une autre sur des faits de provocation à la commission d’atteinte à l’intégrité physique ou à la vie et la dernière sur des faits de menaces de mort », a précisé le parquet.

La cible d’un collectif pro-palestinien

Suite à l’assassinat de Samuel Paty, Hassen Chalghoumi s’était recueilli en compagnie de représentants du culte musulman d’Ile-de-France devant le collège où officiait l’enseignant. Il avait notamment été la cible du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, dont le fondateur Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste radical, a été mis en examen dans l’enquête sur l’assassinat de Samuel Paty.

Le collectif avait déclenché en 2010 une cabale contre cet imam, en manifestant pendant des mois devant la mosquée de Drancy. Deux membres de l’organisation avaient même été condamnés à deux mois de prison avec sursis pour avoir tenté de s’introduire au domicile de l’imam.